Voir ce qui reste de Port-au-Prince en allant vers la mer, remonter par Delmas et visiter les quartiers de Nazon vous coupe le souffle. Le tremblement de terre de 2010, s’il avait fait plus de victimes, n’avait pas causé autant de dégâts à la ville. C’est un spectacle ahurissant, d’une violence inouïe, dont les responsables ne peuvent être que des dérangés mentaux, même s’ils sont aux ordres de quelques secteurs nationaux ou internationaux poursuivant un agenda qui devrait bien se dévoiler un jour s’il existe. Certains rigolent quand on parle de théorie du complot, mais les dossiers Epstein déclassifiés montrent bien que la vérité est bien au-delà de ce que les élites veulent que nous croyions.
Ces dernières années ont montré qu’à l’intérieur, il y a une haine du pays, une haine de l’autre, une frustration démoniaque qui s’exprime à la moindre occasion. Les théories politiques traditionnelles ont certainement du mal à expliquer la situation haïtienne, même si des cerveaux formatés sur les bancs de l’université tentent toujours de mettre ce qu’ils comprennent de notre réalité dans un moule préfabriqué.
Si le dénominateur commun de nos élites politiques et économiques est le kokoratism, un misérabilisme qui s’exprime comme dans une boucle temporelle merdique, il faut trouver une autre énergie capable de briser la boucle et de remettre l’histoire en marche. Comme disait un sociologue, il nous faut sortir de sous la tonèl et commencer à voir le ciel. Ce qui se passe, ce qui continue à se passer, reste un même jeu absurde caractérisé par le mépris de la population et du territoire.
Il nous faut trouver des dirigeants qui ont dans leur peau chaque parcelle du territoire. Haïti ne peut se résumer pour des dirigeants à quelques quartiers au haut de l’agglomération port-au-princienne. Le pillage d’un commerce à Saltrou, à Bombardopolis, au fin fond de la Grande-Anse, doit être traité sur le même plan d’égalité qu’un pillage d’un commerce à Port-au-Prince. Mais le drame, c’est que le pillage des milliers de commerces à Port-au-Prince a été aussi le cadet des soucis de nos dirigeants. Aucune commission n’a été mise sur pied pour évaluer les pertes pour qu’on puisse penser même à un dédommagement. Il faut aussi établir les responsabilités. On ne peut pas ignorer ce qui s’est passé durant ces dernières années avec les attaques des gangs certainement avec des complicités dans les gouvernements et dans l’appareil sécuritaire.
On comprend donc la difficulté d’organiser des élections avec un personnel étatique aussi pourri qui ne veut certainement pas une rupture avec de nouveaux dirigeants choisis librement par le peuple. Les transitions permanentes où les gangs à sapat et à cravate restent en place semblent être une solution appréciée même pour l’étranger, qui a aussi ses mains trempées dans la délinquance et qui peut faire des affaires juteuses avec des dirigeants en place sans aucune légitimité.
Après la présidence à vie, sommes-nous dans la phase de la transition à vie ? Mais il faut se rappeler que c’est l’entourage de Jean Claude Duvalier qui l’encourageait à persister dans le délire de la présidence à vie qui a précipité sa chute.
À suivre !
Gary Victor
