En écoutant le témoignage des citoyens qui ont tout perdu quand les gangs ont attaqué leur quartier, on ne peut que continuer à se demander à qui rime toutes ses destructions. On n’est certainement pas dans le schéma d’une lutte révolutionnaire. Les maffieux n’agissent pas de la sorte, car ils ont besoin de l’activité économique pour l’argent que cela rapporte. On veut contrôler ce qui fonctionne ce qui rapporte. Tout détruire ne rentre pas dans la philosophie d’un maffieux.
Alors, dans quel cadre de figure est-on avec les gangs et ce qu’ils ont fait à Port-au-Prince et dans de nombreuses zones du pays ? C’est un sujet d’étude qui devrait intéresser les spécialistes des sciences humaines et certains médecins. On trouvera des gens pour soutenir que les destructions commises par les gangs ont une odeur de soufre, une main démoniaque derrière cette entreprise. Qu’y a-t-il derrière cette phrase si souvent répétée ? Jan blan an vle l lan ! Comme si les gangs auraient obéi à un mot d’ordre venu de l’étranger. Là on est dans cette fantasmagorie commune chez nous. Notre sol regorgerait de richesses toute cette violence aurait été organisée pour faire déguerpir une population trop rebelle. Des projets immobiliers dans le futur ? Bref, on se perd en essayant de trouver une explication à ces actes de vandalisme d’une telle ampleur qu’ils font penser à ces hordes barbares qui ont déferlé sur le monde dit civilisé à l’orée du Moyen âge. Mais la comparaison est plus que boiteuse. Ceux qu’on appelait les barbares poursuivaient un but et leur installation sur de grandes parties de territoires en Europe a abouti à la formation de nombreuses communautés ou États.
Chez nous, il n’y a rien de tout cela. Il n’y a qu’une haine ténébreuse. Une pulsion de mort. Une violence suicidaire liée à une ignorance abyssale. Il ne faut pas oublier le poids d’un mysticisme misérable, englué dans la sorcellerie, plongeant ses racines probablement dans un satanisme qui ne se dit pas.
Si on parle des gangs, il ne faut surtout pas oublier les gangs originels, ces gangs qui sont à l’origine de tous les autres. Ces cliques de politiciens alliés à des hommes d’affaires véreux et à des étrangers profitant du chaos dans notre pays. À ces politiciens et hommes d’affaires, il faut y ajouter aussi des groupes dans la presse et dans nos dites religions qui tirent leurs marrons de cette gangrène qui ne cesse de s’étendre.
Ceux qui nous gouvernent ne sont pas meilleurs que les gangs. Il faut entendre les réflexions de la population qui comprend très bien qu’elle est prise au piège et qui ne sait plus où donner de la tête.
Et vive le provisoire ! Vive les transitions sans reddition de comptes !
Gary Victor
