Massacre en Plaine du Cul-de-sac : le RNDDH appelle à la protection de la population

Suite à l’éclatement de la guerre entre les gangs des Chen Mechan et des 400 Mawozo, à la fin du mois d’avril 2022, le Réseau national de défense des droits humains a dénombré 148 morts, 81 maisons incendiées et 57 véhicules incendiés. Les autorités judiciaires des zones affectées n’avaient pas la possibilité de faire un constat exhaustif, a révélé le RNDDH. L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités étatiques à rompre toutes connivences avec les bandits, à mettre fin au règne de l’impunité et protéger la population. 

« Du 24 avril au 6 mai 2022, deux (2) gangs armés bénéficiant, de part et d’autre, de l’appui d’autorités étatiques et de personnes gravitant autour du pouvoir se sont affrontés. Jamais les attaques armées n’ont été aussi virulentes : des personnes ont été assassinées par balles, d’autres décapitées, certaines autres, jetées dans des latrines et dans des puits d’eau. Des femmes et des filles ont été violées. Des cadavres ont été minutieusement hachés et pris en photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, dans l’objectif de maintenir une terreur innommable au sein de la population en général et de la communauté de La Plaine du Cul-de-sac en particulier », a révélé le RNDDH. 
 

Les forces de l’ordre impuissantes

L’ affrontement violent entre les gangs de la base des Chen Mechan et celle des 400 Mawozo a dépassé les autorités. « Le 24 avril 2022, peu avant 5 heures du matin, des camionnettes, des autobus ainsi que de nombreuses motocyclettes ont transporté des individus lourdement armés à Michaud, Butte Boyer, rue Mapou prolongée et à Marécage », informe le Réseau national de défense des droits humains. Tout de suite après, plusieurs rafales d’armes automatiques ont été entendues et les hostilités ont été engagées : il s’agit des membres du gang des 400 Mawozo qui se sont rendus dans les zones susmentionnées, fief de la base des Chen Mechan et ça a été le grand début de la guerre, a souligné l’organisme défendant les droits humains.

Du 24 avril au 6 mai, des personnes ont été assassinées par balles, à coups de machettes, de haches ou de couteaux ; des personnes ont été carbonisées à l’intérieur même de leurs maisons, d’autres ont été carbonisées dans les rues, avec des pneumatiques ; des femmes et des filles sont victimes de viols collectifs et répétés ; des personnes ont été blessées par balles ; des personnes ont été blessées et mutilées à coups de machettes, de haches ou de couteaux ; des maisons ont été incendiées. 

Même pour un constat, des autorités judiciaires de la Plaine du Cul-de-sac et de la Police nationale d’Haïti n’étaient pas disponibles en raison du climat de la terreur et d’insécurité qui régnait sur les zones de Butte Boyer, Marécage,  Cité doudoune, Carrefour Marasa, Corridor Djo et ses environs. 

 

Le lourd bilan des exactions 

Butte Boyer, est la localité où les 400 Mawozo ont agi avec plus de violence. « Ils se sont introduits dans les maisons, ont tiré de force des personnes trouvées sur les lieux pour les assassiner en pleine rue. Ils ont tué d’autres personnes à l’intérieur même des maisons avant d’y mettre le feu. Au moins quarante-huit (48) personnes ont été assassinées. À Corridor Djo et à Santo 2, au moins quarante-sept (47) personnes ont été assassinées, dix-sept (17) corps ont été constatés par la population, dont celui d’un bébé. À Carrefour Marassa, au moins vingt-trois (23) personnes ont été tuées. À Cité Ti Baka, les 400 Mawozo ont tué toutes personnes rencontrées puis les ont carbonisées sur place. Au moins quinze (15) victimes y ont été assassinées. À Cité Doudoune, six (6) personnes au moins ont été assassinées puis décapitées. À Lillavois, deux (2) personnes ont été tuées. 

 À rappeler que des cadavres de nombreuses victimes assassinées ont été aussi jetés dans la Rivière grise, dans des puits ainsi que dans des latrines.


Au total, le RNDDH a enregistré 148 morts dont 7 bandits de la base des Chen Mechan qui avaient voulu abandonner la guerre et qui avaient été exécutés par leur chef, Claudy Celestin ou Stevenson Pierre alias Chen Mechan.

De ces opérations, 81 maisons ont été incendiées dans les localités de Butte Boyer, Marécage, Carrefour Djo et à Santo.



Les recommandations du RNDDH

Cette guerre opposant les Chen Mechan et les 400 Mawozo a fait un grand nombre de victimes au sein de la population. « Des personnes ont été assassinées par balles, d’autres décapitées, certaines autres, jetées dans des latrines et dans des puits d’eau. Des femmes et des filles ont été violées, plusieurs personnes blessées par balles ont aussi succombé à leurs blessures, nombre d’entre elles n’ayant pas pu se déplacer pour aller à l’hôpital (...),  du nombre des victimes, ce sont des hommes, des femmes et des enfants, ce sont aussi de nombreux enfants qui sont devenus orphelins, sous le regard parfois indifférent, mais souvent complice, des autorités »,  a constaté le RNDH. 

En ce sens, le Réseau national de défense des droits humains croit qu’il est urgent que les hommes politiques et des franges du secteur privé cessent de protéger les groupes armés, de mettre fin à la gangstérisassion  du pays, de mettre fin au trafic illégal d’armes, de reprendre le contrôle des territoires dirigés par les gangs, d’enquêter sur les policiers qui ont des liens avec les groupes armés, de dépolitiser la PNH et de créer un climat de paix pour la survie et la protection de la population.

 

Oberde Charles

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