Haïti traverse une période de turbulences marquée désormais par un mouvement populaire visant à traquer les bandits armés responsables du climat de terreur qui règne dans le pays. Alors que la crise sécuritaire prend cette tournure pour le moins inquiétante, les acteurs politiques sont étrangement silencieux, laissant planer encore plus d'incertitude quant aux initiatives mises en place pour résoudre cette situation critique.
Le pays est, depuis le 24 avril dernier, le théâtre d'un mouvement populaire contre l'insécurité. La population, lassée de vivre avec la peur au ventre, à cause malversations de toute sorte perpétrées par des bandits armés, s'est mobilisée. Ce mouvement baptisé « Bwa kale » ne cesse de prendre de l'ampleur au fil des jours.
Le peuple exprime ainsi son ras-le-bol de l'insécurité croissante qui a des répercussions dévastatrices sur son quotidien, en se prenant aux présumés bandits, face à la rage populaire d'autres malfrats sont restés terrés dans leurs fiefs. Mais le Bwa kale semble ne pas agir que sur l'aspect sécuritaire de la crise ; les politiques font aussi profil bas.
Le Haut conseil de transition (HCT), formé dans le cadre du dernier accord paraphé le 21 décembre, a récemment annulé le Forum sur la sécurité prévu pour les 16 et 17 mai. Une décision qui soulève des questions quant à la volonté réelle des autorités en place de faire face à la crise et de trouver des solutions durables.
Surtout que la date du 7 février 2024, fixée par le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ariel Henry, pour la passation de pouvoir à un gouvernement légitime arrive à grands pas, et qu'un référendum était prévu avant l'organisation des élections.
Néanmoins, plusieurs organisations socio-politiques appellent à des manifestations à travers les rues le 18 mai, avec pour principale revendication le départ du Premier ministre Ariel Henry, accusé d'une mauvaise gestion qui aggrave la crise que traverse actuellement le pays.
Les organisations socio-politiques affirment que la situation en Haïti s'est détériorée sous la direction du Premier ministre Henry. Elles dénoncent un manque de mesures concrètes pour faire face aux nombreux problèmes qui affligent le pays, notamment l'insécurité chronique, et la crise économique persistante.
Esdra Jeudy
