Sous un soleil de plomb, des centaines de déplacés, délogés par la terreur des bandes armées, ont battu le pavé le dimanche 13 juillet 2025 à Delmas. Écorchés par l'exil, humiliés par la précarité ils exigent leur droit imprescriptible à la sécurité et au retour dans leurs quartiers jadis familiers.
« L'insécurité galopante est devenue intolérable. Il est inconcevable que des pans entiers du territoire national soient livrés à la merci de groupes armés, dans l’indifférence ou l’impuissance manifeste des autorités », s’est indigné un manifestant, natif de Solino, dénonçant le mutisme de l’État face au calvaire des déplacés.
Cette manifestation n’est pas une soudaine montée de fièvre, mais la persistance d’un cri de détresse étouffé depuis trop longtemps. Carrefour-Feuilles, Solino, Delmas 30, ce sont autant de lieux devenus synonymes de perte, de déracinement et d’effroi. Ces déplacés, entassés dans des camps de fortune, dénoncent une vie indigne, ravagée par l’abandon et la violence.
Une mère de famille, visiblement éprouvée, a déclaré « à Solino, nous vivions modestement, mais dignement. Aujourd’hui, dans les camps, nous survivons dans des conditions abjectes, sans hygiène ni sécurité. Il est du devoir de l’État de garantir notre retour dans la dignité ».
Dans un tumulte orchestré par le désespoir, ils ont investi les rues de Delmas pour exiger le strict minimum : leur sécurité, leur toit, leur dignité en tant que moun. À travers slogans et cris de rage, c’est le silence complice des autorités qu’ils interpellent.
Hélas, dans une République gangrenée par l’impunité et dirigée par des illusionnistes au verbe habile mais aux actes stériles, leur cri risque de se perdre dans les limbes d’un CPT qui semble être sans oreille ni conscience pour agir en guise de cause.
Mitchel Kewing ÉTIENNE
mitchelkewingetienne@gmail.com
Étudiante en Sciences Juridiques/ FDSE
