Alors que nous sommes à la moitié de l’année, aucune date n’a été fixée par le Conseil électoral provisoire (CEP) pour la tenue des joutes électorales cette année. Mais à seulement six mois de l’échéance, une question surgit: est-il réellement possible d’organiser des élections dans cette année ? Insécurité généralisée, décret électoral contesté, absence de budget et de calendrier électoral: pour plusieurs acteurs politiques, dont le sociologue Delson Cius, la tenue du scrutin dans le pays paraît totalement impossible cette année.
Joint par téléphone, le membre signataire de l’accord de Montana Delson Cius, estime que seulement les préparatifs techniques et logistiques exigeraient au minimum de 12 mois soit une année entière. Il remet également en cause la légitimité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dont le rôle se limiterait selon lui à la « liquider des affaires courantes », sans consensus politique global.
En outre, le sociologue Delson Cius, dénonce un contexte marqué par la recrudescence des violences et des cas de kidnappings à Port-au-Prince, rendant tout scrutin impraticable dans des départements clés. Il appelle à la conclusion d’un accord politique inclusif pour restaurer l’autorité de l’État et rétablir la confiance avant toute démarche électorale.
Selon lui, la tenue d’élections se heurte à trois catégories d’obstacles, à savoir matériels, politiques et sécuritaires. Même dans des conditions optimales, l’organisation d’un scrutin nécessiterait au moins douze mois de préparation, informe le sociologue Delson Cius.
Par ailleurs, le Premier ministre actuel est perçu comme dépourvu de la légitimité nécessaire pour engager l’État dans un processus électoral. De plus, l’absence de consensus entre les acteurs politiques et sociaux bloque toute avancée. La Constitution, notamment en son article 136, confie au président de la République la prérogative de convoquer le peuple aux urnes. Or, depuis plus de cinq ans, après l’assassinat du président Jovenel Moïse, le pays n’a jamais connu d’élections et le Premier ministre, n’a ni volonté ni le statut requis pour exercer cette fonction.
Toutefois, la neutralisation des groupes armés, qui contrôlent des zones stratégiques comme l’Artibonite et la région métropolitaine de Port-au-Prince, est jugée indispensable. Sans rétablissement de la sécurité et réouverture des principaux axes routiers, aucun calendrier électoral crédible ne peut être envisagé.
Pour le sociologue Delson Cius, seule une entente nationale large, intégrant partis politiques et société civile, pourrait jeter les bases d’une transition légitime. Cet accord devrait harmoniser les clauses constitutionnelles, définir un échéancier réaliste et instaurer un climat de confiance.
En somme, la combinaison d’un exécutif contesté, d’une insécurité généralisée et de délais techniques incompressibles rend la tenue d’élections en fin d’année 2026 hautement improbable.
Likenton Joseph
