Karavan Fanm pou Chanjman (KFPC) a clôturé, ce mardi 2 septembre 2025 à Pétion-Ville, la 3e édition de l’Université Féministe d’Été.
Cette rencontre s’est tenue autour du thème : « Engagement pour une masculinité positive afin de prévenir les violences sexistes et sexuelles et bâtir des communautés plus justes, pacifiques et inclusives ». Une invitation forte qui a mobilisé les jeunes à jouer pleinement leur rôle dans la lutte pour l’égalité de genre. Plusieurs personnalités ont pris part à la cérémonie de clôture.
Djovanika Saint-Fleur, responsable de formation au KFPC, a planté le décor de l’activité en mettant en lumière le poids persistant des normes patriarcales dans différents domaines du pays, notamment la politique et les dynamiques sociales. Elle a dénoncé les stéréotypes liés à la virilité, à l’autorité masculine et à la domination, tout en soulignant que ces schémas poussent les militants à aspirer à une société plus juste.
Selon elle, la promotion d’une masculinité positive, fondée sur le respect, la responsabilité et l’égalité, devient un levier stratégique pour consolider les acquis du féminisme et favoriser un avenir sans violence.
Dans cette optique, elle a expliqué que la troisième édition de l’Université Féministe d’Été s’est inscrite dans une démarche de formation, de dialogue et d’engagement, afin de repenser la masculinité et bâtir des alliances durables entre les genres. L’initiative visait à mobiliser les jeunes, les éducateurs, les leaders communautaires et les militants autour d’une vision transformative des rôles sociaux et des rapports de pouvoir.
Elle a rappelé qu’Haïti, comme beaucoup d’autres sociétés, aborde depuis longtemps les questions de genre principalement sous l’angle des femmes et des filles, en marginalisant souvent le rôle que peuvent jouer les hommes dans la lutte pour l’égalité.
De son côté, Shenda Cambrald, coordonnatrice générale du KFPC, a précisé que l’Université Féministe d’Été s’est déroulée sur une semaine, durant laquelle des réflexions et des productions collectives ont été réalisées. Elle a qualifié cette troisième édition de véritable succès.
« La lutte pour l’égalité ne peut se faire sans une redéfinition des rôles masculins. Elle ne peut se faire sans les hommes. Mais elle ne peut se faire qu’avec des hommes responsables, engagés. Depuis la première édition de l’Université Féministe d’Été dans le domaine du droit, nous avons fait un choix clair : créer un espace où femmes, jeunes garçons et hommes réfléchissent ensemble à un avenir plus juste. En plaçant cette édition sous le thème de la masculinité positive, nous avons affirmé une conviction forte. »
La coordonnatrice s’est également dite fière de la participation des jeunes hommes à cette 3e édition. Selon elle, cet espace est devenu une école d’engagement, d’espoir et de conviction.
« Chaque présence est un geste pour transformer les normes sociales à tous les niveaux. L’engagement pour une masculinité positive, capable de prévenir la violence sexiste et les inégalités, permet de bâtir une communauté juste, paisible et humaine. En poursuivant cette troisième édition, nous n’avons pas fermé une parenthèse ; nous avons ouvert un chemin : un chemin d’engagement, de transmission, de mobilisation. Un chemin où chaque voix compte, chaque geste transforme, chaque présence devient levier de changement. Nous repartons avec plus de courage, plus de clarté et plus de conviction, avec notamment des idées semées et la volonté commune de bâtir un monde plus juste, inclusif et solidaire. » a-t-elle conclu.
Les participants, pour leur part, ont reconnu que cette édition leur a offert un véritable espace de réflexion, de remise en question et de transformation. Ensemble, ils ont exploré ce que signifie être un homme dans le respect, l’équité et la responsabilité, et comment la masculinité positive peut devenir un puissant levier de changement pour la communauté.
Ils ont abordé des thématiques essentielles telles que : la société patriarcale, les inégalités de genre, les violences faites aux femmes et aux enfants, les stéréotypes négatifs, l’égalité entre les sexes et l’implication des jeunes dans ce combat.
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité de : promouvoir une éducation à l’égalité pour les filles et les garçons, encourager la participation des femmes dans les espaces de décision, faire comprendre que l’égalité donne du pouvoir à toutes et à tous, mettre fin à toutes les formes de discrimination et de violence envers les femmes.
Yasmine Sanon
