À l’occasion du 77e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’Observatoire haïtien des droits de l’homme (OHDH) a organisé, ce mercredi 10 décembre 2025, une journée de deuil et de solidarité en mémoire de la petite Stéphora Anne-Mircie Joseph, ainsi qu’en hommage à tous les ressortissants haïtiens victimes de violences et de discriminations en République dominicaine.
La mort tragique de la jeune Stéphora Anne-Mircie a suscité l’indignation de nombreuses autorités haïtiennes et organisations de défense des droits humains, qui exigent que toute la lumière soit faite sur cette affaire. La fillette, victime de discrimination et de comportements racistes au sein de son école en République dominicaine, est décédée dans des circonstances jugées troublantes.
Dans ce contexte, l’OHDH a tenu une cérémonie d’hommage en mémoire de l’enfant. Le directeur exécutif de l’organisation, Me Jean Ronel Sistanis, a rappelé que de nombreux Haïtiens ont déjà été victimes en République dominicaine pour des raisons similaires à celles ayant conduit à la mort de Stéphora.
Selon Me Sistanis, les informations disponibles laissent croire que Stéphora a été tuée en raison de la couleur de sa peau. Ses camarades de classe l’auraient fréquemment insultée, l’appelant “Maldita Negra”, une expression raciste signifiant “maudite négresse”. Malgré ces comportements discriminatoires, les responsables de son établissement, l’Institut Leonardo da Vinci, n’auraient pris aucune mesure ferme pour mettre fin à ces actes, jusqu’au drame survenu le 14 novembre dernier, lors d’un programme de piscine.
« La mort tragique de Stéphora Anne-Mircie Joseph, survenue à la veille du 77e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, met en lumière les violations flagrantes dont sont victimes de nombreux Haïtiens vivant en République dominicaine. Pourtant, l’État dominicain a pris des engagements clairs visant à promouvoir, respecter et protéger les droits fondamentaux », a souligné Me Sistanis.
Parallèlement, en République dominicaine, le rapport d’autopsie confirme que la jeune Stéphora est morte noyée. Le document, relayé le 9 décembre par le média Listín Diario, fait état d’une insuffisance respiratoire ayant entraîné un décès rapide, sans précision de l’heure exacte de la mort. Rappelons que dans le cadre de l’enquête ouverte, quatre responsables de l’Institut Leonardo da Vinci ont été arrêtés.
Yasmine Sanon
