L’Association Nationale des Juristes Haïtiens pour l’Avancement du Droit (ANAJHAD) a réagi suite à la signature du pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, conclu entre l’équipe au pouvoir, des structures politiques et certaines organisations de la société civile. Toutefois, elle s'empresse de saluer cette initiative, qui, à bien des égards, traduit la volonté de bon nombre d'acteurs déterminés à œuvrer en faveur d'une issue heureuse à la crise actuelle.
Néanmoins, si elle salue l’initiative comme une tentative de sortie de crise, l’organisation dénonce son caractère «â€¯frauduleux », estimant qu’il légitime l’inacceptable en permettant aux détenteurs du pouvoir de se maintenir alors que les masses défavorisées s’essoufflent.
Selon Me Marc Sony Charles, président de l’ANAJHAD, aucun secteur de la société ne peut se substituer au peuple ni lui ravir indéfiniment les prérogatives que lui reconnaît la Constitution de 1987. Celle-ci, rappelle-t-il, ne confère à aucune organisation politique ou structure civile le droit de légitimer une confiscation de la souveraineté nationale par des autorités tentées d’instaurer une dictature.
Par ailleurs, l’association se dit prête à soutenir toute initiative visant à mettre un terme à la crise politique qui secoue le pays depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. Elle exige, toutefois, que des mesures efficaces soient prises pour rétablir l’ordre constitutionnel et démocratique dans le pays.
En somme, l’Association Nationale des Juristes Haïtiens pour l’Avancement du Droit (ANAJHAD) lance un appel pressant au respect de la démocratie et de l’État de droit, conformément aux aspirations du peuple haïtien inscrites dans la Constitution, et rejette toute dérive dictatoriale.
Likenton Joseph
