Le compas, genre musical emblématique d’Haïti, a été officiellement inscrit ce 10 décembre 2025 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale, annoncée lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel à New Delhi, consacre plus de 60 ans d’histoire musicale et culturelle haïtienne.
À cette occasion, les États-Unis ont adressé leurs chaleureuses félicitations au peuple haïtien. Dans une note publiée par l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, ils ont salué cette inscription comme « une étape remarquable » qui souligne l’importance du compas dans l’identité nationale haïtienne. « La musique a le pouvoir de rassembler les personnes de tous âges, genres et horizons. Aujourd’hui, nous célébrons cette étape remarquable aux côtés des Haïtiens, en dansant au rythme du compas », a écrit l’ambassade des États-Unis en Haïti.
Né au milieu des années 1950 sous l’impulsion du saxophoniste et guitariste Nemours Jean-Baptiste, le compas est un genre musical profondément enraciné dans les traditions haïtiennes. Il puise ses influences dans les musiques caribéennes, latino-américaines, africaines et européennes, et se distingue par ses rythmes entraînants, ses percussions, ses guitares et ses claviers.
Plus qu’un simple style musical, le compas est un vecteur d’unité, de créativité et de résilience. Il accompagne les moments de joie comme les périodes de tristesse, et rassemble les Haïtiens d’ici et de la diaspora dans un même espace de fête et de fierté culturelle.
L’inscription du compas sur la liste de l’UNESCO est saluée comme une victoire culturelle pour Haïti. Toutefois, certains observateurs soulignent qu’il s’agit d’une reconnaissance tardive pour un genre musical qui a depuis longtemps dépassé les frontières nationales. Présent dans les festivals internationaux, influençant des artistes de renom comme la Franco-Malienne Aya Nakamura, le compas est depuis des décennies l’un des principaux ambassadeurs culturels d’Haïti à l’étranger.
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où la culture haïtienne, souvent reléguée au second plan dans les priorités politiques, cherche à se repositionner comme levier de développement et de cohésion sociale. L’inscription du compas à l’UNESCO pourrait ainsi servir de tremplin pour d’autres initiatives de valorisation du patrimoine immatériel haïtien.
Likenton Joseph
