Le comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord du 30 août 2021, communément appelé *Accord de Montana*, a dressé un constat d’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT) et proposé de nouvelles alternatives pour remplacer l’actuel dispositif de gouvernance.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 6 janvier 2026, les membres du comité ont fixé leur position sur la situation politique et sécuritaire du pays. Ils ont également présenté une nouvelle orientation ainsi qu’un calendrier d’activités visant à engager des discussions avec les différents acteurs nationaux, dans l’objectif d’aboutir à une solution durable à la crise.
Depuis environ 20 mois, plusieurs organisations et partis politiques, réunis autour de l’Accord de Montana, avaient signé, le 3 avril 2024, un accord politique destiné à résoudre la crise née après l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Cette initiative avait conduit à la mise en place du CPT, chargé notamment d’organiser une conférence nationale, un référendum constitutionnel, de rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire et de conduire des élections libres et démocratiques avant le 7 février 2026.
Cependant, selon les signataires, aucune de ces missions n’a été accomplie. À l’approche de la fin du mandat du CPT, le comité de pilotage estime que cette transition a échoué tant sur le plan de la gouvernance que sur celui de l’amélioration des conditions de vie de la population.
Intervenant lors de la conférence, Delson Cius, membre du comité de pilotage, a déclaré que le CPT et le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé ont « totalement échoué ». Il affirme que, depuis 20 mois, deux gouvernements se sont succédé sans parvenir à instaurer un pouvoir légitime ni à répondre aux attentes de la population. Il dénonce également une aggravation de la crise, marquée par la corruption, l’impunité et l’instrumentalisation de l’insécurité à des fins politiques et économiques.
De son côté, Francisco Alcide a indiqué que l’Assemblée des signataires entend rencontrer l’ensemble des secteurs du pays religieux, vodouisant, syndical, universitaire, paysan, professionnel et de la diaspora afin de réfléchir collectivement à une sortie de crise. Il a insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté nationale et de mettre fin à l’imposition de solutions étrangères.
Les signataires proposent ainsi la mise en place, à partir du 7 février 2026, d’un nouveau gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs pour organiser une Conférence nationale souveraine. Ils lancent un appel à toutes les forces vives du pays pour s’unir autour de cette initiative, qu’ils considèrent comme une voie vers un consensus politique authentique et une solution durable à la crise haïtienne.
Yasmine Sanon
