La Coalition des Avocats des Barreaux d’Haïti (CABH) et le Regroupement des Avocats Engagés Contre la Corruption (RACC) ont publié une note conjointe pour dénoncer avec la plus grande fermeté l’enlèvement suivi de séquestration contre rançon en pétrodollars du président vénézuélien Nicolas MADURO et de son épouse, la Première dame Cilia FLORES, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026.
Les deux structures, engagées dans la défense des droits humains et la lutte contre la corruption, affirment s’inscrire dans un élan de désalinisme pour condamner ce qu’elles qualifient d’acte anti-droit, attribué au système impérialiste américain, dirigé par le président Donald TRUMP, qu’elles décrivent comme se comportant en « pirate et flibustier du monde moderne ».
Selon la note, cet enlèvement aurait été accompagné d’un massacre de plus de quatre-vingts personnes, militaires et civils, dont 32 militaires cubains chargés de la sécurité rapprochée du président MADURO, une information confirmée par l’État cubain.
La CABH et le RACC estiment que ces actes sont injustement justifiés par des accusations de trafic de drogue portées contre le chef de l’État vénézuélien, alors que la véritable motivation serait la volonté de faire main basse sur les ressources pétrolières du Venezuela.
Les organisations dénoncent également les déclarations jugées grossières et arrogantes du système trumpiste, qu’elles considèrent comme la démonstration claire d’une politique prédatrice à l’échelle mondiale.
Dans leur prise de position, la CABH et le RACC rappellent l’ancienne tradition d’amitié entre Haïti et le Venezuela, une relation qui remonte à bien avant la naissance de l’État vénézuélien, à l’époque de la Grande Colombie. Elles évoquent notamment les soutiens apportés par Jean-Jacques DESSALINE en 1806 à Francisco MIRANDA, puis par Alexandre PÉTION en 1815 à Simón BOLÍVAR, dans la lutte commune contre l’esclavage et pour l’émancipation des peuples de la région.
Deux siècles plus tard, cette solidarité s’est traduite par le programme PetroCaribe, présenté comme un geste de gratitude du peuple vénézuélien envers Haïti. Un programme qui, selon les signataires, a malheureusement été dilapidé par des fossoyeurs de la nation haïtienne, alors qu’il visait le développement de deux pays frères.
La note replace également les événements dans un contexte historique plus large, rappelant plusieurs interventions militaires américaines à travers le monde, notamment en Libye en 2011, en Afghanistan en 2001, en Irak, en Haïti, ainsi qu’à Cuba, en Grenade et en République dominicaine, ayant toutes eu des conséquences humaines, politiques et économiques dramatiques.
Sur le plan juridique, la CABH et le RACC qualifient les faits survenus contre le couple présidentiel vénézuélien d’enlèvement suivi de séquestration contre rançon en pétrodollars, et de génocide contre des communautés au Venezuela.
En conséquence, les deux organisations exigent la libération immédiate et inconditionnelle du président Nicolas MADURO et de son épouse, la création d’un tribunal spécial international pour juger Donald TRUMP et ses complices, ainsi que l’exclusion des États-Unis de toutes les activités liées au Mondial 2026. Elles somment enfin les autorités haïtiennes de se positionner dans un délai de 24 heures, toute abstention étant assimilée à un acte de trahison.
Sorah Schamma Joseph.
