Le mouvement politique LAPÈ POU AYITI a tenu une conférence de presse jeudi 15 janvier pour présenter sa position sur la conjoncture actuelle et dresser un état des lieux des propositions pour une sortie de crise pacifique et durable, tout en exigeant le départ du CPT après le 7 février prochain.
En effet, des voix continuent de s’élever pour rappeler au Conseil présidentiel de transition que son mandat arrive à terme à partir du 7 février et qu’il n’existe aucune possibilité de prolongation dans la gestion du pays. Les propositions de sortie de crise se multiplient.
Selon plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile, le CPT a échoué dans sa mission, qui consistait à permettre au pays de sortir de la grave crise qu’il traverse depuis des années et à organiser des élections libres.
Dans ce contexte, le mouvement politique Lapè pou Ayiti a présenté sa proposition méthodologique de sortie de crise. D’après le porte-parole de la structure, Nelus Nérius, ce document se divise en deux parties.
La première est une proposition stratégique sur la situation sécuritaire, visant à éradiquer les gangs armés dans l’objectif de les neutraliser et de rétablir la sécurité dans les quartiers et les zones stratégiques.
La deuxième partie porte sur la méthode de sortie de crise, en impliquant toutes les propositions et les différents acteurs, avec pour objectif d’assurer une sortie de crise pacifique et consensuelle à travers un dialogue national inclusif, menant à l’installation d’un gouvernement de consensus.
Dans son intervention, le porte-parole a déclaré que ce document a déjà été remis à plusieurs instances nationales et internationales. Il a également annoncé que cinq secteurs, parmi lesquels le POHDH, le RNDDH, le Congrès patriotique, Religion pour la paix et la Fédération des barreaux, ont déjà été identifiés pour jouer le rôle d’intermédiaires dans les discussions. Ils ont tous reçu des correspondances.
« Nous croyons désormais que ce sont les Haïtiens qui devraient se réunir ensemble pour résoudre la crise actuelle. Le CARICOM s’est retrouvé au cœur d’une entente qui a abouti à la mise en place d’un Conseil présidentiel de transition de neuf membres et d’un Premier ministre. Nous pouvons constater qu’il n’y a eu aucun résultat concret. C’est pourquoi, au sein de Lapè pour Ayiti, nous affirmons que ce sont les Haïtiens eux-mêmes qui doivent trouver une réponse à la situation. C’est dans ce sens que nous avons contacté ces cinq secteurs pour jouer le rôle d’intermédiaires dans les discussions », a déclaré M. Nérius.
En outre, il a mentionné qu’ils ont notamment écrit au CARICOM, à l’OEA et à des ambassades. Il a assuré que le mouvement politique Lapè pour Ayiti est satisfait de ces démarches.
Par ailleurs, le porte-parole de LAPÈ POU AYITI, Nelus Nérius, a rejeté toutes les démarches entreprises par les autorités actuelles pour jouer le rôle de médiateurs entre les différents acteurs politiques dans une discussion de sortie de crise. Pour lui, le pouvoir ne peut pas être juge et partie en même temps.
À cet effet, il appelle ces derniers à commencer à débarrasser l’espace de la Villa d’accueil et de la Primature et à prendre, notamment, des dispositions pour démissionner de la tête du pays. Il insiste sur le fait que le CPT a plus d’un an à la gouvernance du pays sans aucun résultat. Pour cela, il n’y a pas d’autre issue, le 7 février, ils doivent se retirer de la gestion du pays.
Yasmine Sanon
