À l’approche de l’échéance du 7 février 2026, la société civile haïtienne a organisé ce jeudi 22 janvier une conférence dans l’objectif d’analyser, d'adopter éventuellement et de signer l'Acte présentant la Constitution de la Chambre de Contrôle de la Transition (CCT). Cette feuille de route exige la mise en place immédiate d’une Chambre de Contrôle de la Transition (CCT), destinée à encadrer et surveiller la gouvernance provisoire après la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Selon les termes de l’accord du 3 avril 2024, le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) arrive à son terme définitif. Selon cet organe, prolonger le mandat du CPT ne ferait qu’accentuer la crise que leurs propres scandales internes ont nourrie.
Selon le coordonnateur du Collectif 4 Décembre 2013, Jean Robert Argant, depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, le pays fonctionne dans un vide institutionnel, sans Parlement et sous des gouvernements de transition successifs, accusés d’opacité et de corruption. Les accords politiques, de l’ère Ariel Henry au CPT, n’ont pas permis d’installer l’Organe de Contrôle et d’Action Gouvernementale (OCAG), censé remplacer le Parlement absent. Face à ce vide institutionnel, cette structure estime qu’un nouvel organe est indispensable pour éviter une prolongation de la crise.
À cet effet, la CCT se veut un contre-pouvoir doté de prérogatives fortes, notamment le droit de veto sur les décisions jugées contraires à l’intérêt public, le contrôle financier préalable sur les marchés publics avant leur passage à la Cour des Comptes, une collaboration directe avec les institutions de lutte contre la corruption telles que l’ULCC, l’UCREF, le CSCCA, et la surveillance des nominations aux plus hautes fonctions de l’État, fondée sur des critères stricts de moralité.
La composition de la Chambre obéira à des règles rigoureuses, à savoir onze membres bénévoles, Haïtiens d’origine, au profil irréprochable, sans affiliation politique ni antécédents de gestion publique controversée. Chaque membre devra justifier d’une solide expérience professionnelle et s’engager à ne briguer aucun mandat électif.
La CCT serait installée avant la formation du prochain gouvernement de transition et disparaîtrait automatiquement dès l’entrée en fonction des nouveaux parlementaires élus. Elle se présente comme une solution temporaire mais vitale pour garantir transparence et probité dans une période jugée critique pour la démocratie haïtienne.
En somme, cet organe entend transformer cette Chambre en sentinelle inflexible, afin que la transition ne soit plus un « chèque en blanc » offert aux dirigeants provisoires, mais un pas concret vers le retour de la souveraineté populaire.
Likenton Joseph
