L’Association des Agents de Sécurité Professionnels (AASP) et le Central National des Ouvriers Haïtiens (CNOHA) ont exigé un salaire minimum de 2 500 gourdes pour les ouvriers et agents de sécurité lors de deux journées de sit-in organisées le lundi 2 et le mardi 3 février 2026 devant la Primature et la Villa d’Accueil.
Plus d’une dizaine d’ouvriers et d’agents se sont regroupés devant ces institutions. Chacun d’eux tenait dans ses mains un panneau en Bristol affichant leurs revendications. Parmi celles-ci, l’AASP exige un salaire minimum de 2 500 gourdes, refuse les 615 gourdes actuellement versées aux ouvriers, et réclame également la révocation du directeur général de l’Office national d’assurance (ONA), Ronald Bazil.
Dans un contexte marqué par une instabilité économique et un taux d’inflation ayant atteint 32,5 % pour l’exercice fiscal 2024-2025, cette situation a fortement impacté la vie des ouvriers. Selon le coordonnateur général de l’AASP, Junior Désrose, les agents de sécurité ne peuvent plus subvenir à leurs besoins avec un salaire de 615 gourdes, alors qu’ils doivent nourrir leur famille. C’est dans cette dynamique que le groupe protestait devant la résidence privée du Premier ministre pour réclamer un salaire décent de 2 500 gourdes.
« Ce montant ne nous rendra pas riches, mais il permet de tenir. Imaginons qu’en 2026 un agent de sécurité reçoit seulement 115 gourdes comme salaire. Que peut-il faire avec cette pitance ? Ce mauvais traitement pousse les jeunes à suivre de mauvaises directions et à rejoindre des groupes criminels », a déclaré Junior Désrose.
Il a profité de l’occasion pour s’adresser au gouvernement, qu’il a qualifié de malhonnête, affirmant que les taxes et fonds destinés aux agents de sécurité sont dilapidés. Il a insisté : le salaire de 2 500 gourdes est irrévocable et aucune négociation n’aura lieu. Selon lui, les ouvriers ont déjà été tournés en dérision, et ils maintiennent leur position.
Par ailleurs, les ouvriers réclament également la révocation du directeur général de l’ONA, qu’ils accusent de monopoliser les fonds de l’institution à des fins personnelles, empêchant les bénéficiaires d’accéder aux services. Ils demandent aussi une amélioration des services de l’Office d’assurance accident de travail, maladie et maternité (OFATMA).
Les agents de sécurité menacent d’intensifier la mobilisation dans les jours à venir si leurs demandes, qu’ils jugent légitimes, ne sont pas respectées. Selon eux, le Premier ministre et les membres du Conseil présidentiel de transition, malgré plusieurs conseils des ministres et réunions avec le gouvernement, n’ont jamais adopté cette mesure.
Le Conseil supérieur des salariés a produit un rapport fixant le salaire minimum des ouvriers à 920 gourdes. « Nous, les ouvriers, réclamons 2 500 gourdes. Ce rapport a été remis au Premier ministre en avril 2025, mais jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais été rendu public ni discuté en Conseil des ministres », ont affirmé les manifestants.
Yasmine Sanon
