Dans un contexte où le gouvernement vient à peine d’être remanié autour du pacte national de stabilité et de l’organisation des élections, le nouveau ministre des Affaires sociales, Marc-Elie Nelson, promet d’apporter une assistance spéciale aux personnes vivant dans les camps de déplacés ainsi que dans les quartiers défavorisés. Il entend appuyer sur son expérience dans l’administration publique et sur la bonne volonté de l’ensemble des acteurs pour apporter une réponse à la grave crise humanitaire à laquelle le pays est confronté.
Le choix de Marc-Elie Nelson comme titulaire du ministère des Affaires sociales intervient à un moment où plus de 5 millions de personnes dans le pays sont confrontées à une grave crise alimentaire. À cela s’ajoute plus d’un million de déplacés internes ayant fui leurs maisons en raison de la violence des gangs. Dans ce contexte, le ministre estime qu’il s’agit d’une période où les défis sont énormes, où les attentes envers les actions sociales sont particulièrement élevées.
Dans son discours d’installation prononcé le 4 mars, le ministre a surtout présenté une vision visant à réorienter le ministère vers sa mission première : assister les personnes les plus vulnérables, renforcer les politiques sociales et garantir la dignité du travail.
Dans cette perspective, M. Nelson a insisté sur l’urgence pour le gouvernement d’accorder une attention particulière aux familles déplacées, notamment celles vivant dans les camps, souvent dans des conditions déshumanisantes. Il a également plaidé pour l’amélioration des conditions de travail dans le pays. Dans cette logique, il estime que la sécurité demeure un élément essentiel pour permettre aux citoyens de circuler librement, de travailler et de fonctionner dans un climat de stabilité. Ainsi, il annonce qu’il va travailler pour instaurer une gestion rigoureuse des ressources publiques afin de maximiser l’impact des programmes sociaux à travers tout le pays.
« Notre pays traverse une période de grande épreuve. Trop de familles vivent dans la précarité, trop de travailleurs voient leurs droits fragilisés et trop de citoyens doutent de la présence protectrice de l’État (...) Néanmoins, nous refusons de baisser les bras. Nous allons répondre par des actions concrètes : débloquer les canaux d’aide aux plus vulnérables, protéger la dignité de ceux qui sont en dehors des circuits de travail pour qu’ils ne soient pas maltraités, recréer une synergie dynamique entre les acteurs sociaux afin d’agir avec une efficacité renouvelée », a-t-il déclaré lors de son discours d’installation.
Parallèlement, M. Nelson a adressé un vibrant message de soutien à ces mères qui continuent de prendre soin de leurs familles dans des conditions extrêmement difficiles dans les camps de fortune, à ces pères déracinés de leurs quartiers après plusieurs années d’efforts et d’économies pour construire un logement. Le ministre a également adressé un message aux enfants qui grandissent dans ces conditions déplorables et a exprimé le souhait que la police renouvelle ses efforts afin de garantir la sécurité dans le pays et de libérer les quartiers de l’emprise des gangs qui y sèment le trouble.
Dans la dernière partie de son discours, le ministre a réaffirmé sa volonté d’accompagner les personnes victimes de l’insécurité et a exprimé l’espoir de voir Haïti se relever, tout en soulignant la nécessité de renforcer la justice sociale et la sécurité dans le pays.
Oberde Charles
