Lors d'une conférence de presse tenue ce jeudi 30 avril 2026, l’Asosyasyon Restavèk Viktim Move Tretma (ARVMT) attire l'attention des autorités étatiques sur la nécessité d'appliquer la loi du 30 avril 2014 qui s'occupe de la traite humaine. Dans ce contexte, la structure des constats profite de cette occasion pour exprimer ses revendications face à l'inaction des dirigeants.
En effet, ce 30 avril marque les 14 années depuis l’adoption de la loi contre la traite des personnes en Haïti, une loi qui vise à éradiquer la traite humaine. Staphania Fanfan Sudney, coordonnatrice générale de l’ARVMT, a fait savoir que cette structure a été créée le 14 septembre 2014 et qu’elle a pour mission de travailler dans la protection des enfants.
Il s’agit d’enfants qui ne vivent pas avec leurs parents biologiques, mais qui, pour des raisons économiques ou sociales, sont contraints d’aller vivre chez une tante, une marraine ou un autre proche de leur famille dans le but de leur offrir une maison pour dormir, manger et surtout la possibilité d’aller à l’école, des promesses souvent faites aux parents mais rarement respectées.
Elle affirme que ces enfants sont victimes de violences : abus sexuels, maltraitances physiques et psychologiques au sein des familles d’accueil. Elle explique que ce sont ces personnes qui forment aujourd’hui un réseau de survivants du “restavèk”.
Les responsables ont fait comprendre que, douze ans après, des enfants en Haïti continuent d’être victimes de maltraitance alors que les autorités restent silencieuses.
En outre, la coordonnatrice générale dit constater avec le cœur serré que les droits de l’homme sont bafoués à chaque seconde dans le pays. Les enfants et les femmes, qui devraient être une priorité pour un État conscient, n'ont aucune valeur aux yeux du gouvernement, a invoqué Mme Fanfan.
Elle a rappelé qu'après 12 ans, cette loi est devenue un vieux document abandonné dans un tiroir, couvert de poussière.Ces victimes critiquent l'inaction de l’État qui prouve qu’il n’existe pas.
La coordonnatrice continue de croire que les autorités doivent prendre en main leurs responsabilités de protéger leurs citoyens.
Par ailleurs, elle constate également que la loi du 30 avril 2014, conçue pour rendre justice aux victimes de la traite des personnes et éliminer cette pratique considérée comme de l’esclavage moderne, semble avoir été oubliée par l’État haïtien. Notamment, le Comité national de lutte contre la traite des personnes paraît inexistant : il ne manifeste pas sa présence, aucune dénonciation de sa part, aucune volonté réelle pour sauver ces enfants victimes.
Pour continuer ce plaidoyer, les membres de cette structure ont énuméré un ensemble de points de revendication, tels que réveiller le Comité national de lutte contre la traite en exigeant qu’il fournisse ses services et rende également compte de l’utilisation des fonds publics destinés à protéger les enfants contre la traite ; alerter l’Institut du bien-être social et de recherche (IBERS) afin qu’il cesse d’être un bureau inefficace et prenne des mesures pour protéger tous les enfants contre la traite.
Ils réclament notamment justice pour toutes les victimes en exigeant du CSPJ et du Ministère de la Justice de rétablir l’ordre dans les tribunaux. Selon Ralph Ladouceur membre du plaidoyer de L'ARVMT
« Il est inacceptable qu’un pays dispose des lois, tandis que les criminels impliqués dans le trafic d’enfants circulent librement, alors que les victimes vivent dans la peur totale », a déclaré M.Ladouceur
D’autre part, il exige que le 2 juin, date de publication de cette loi soit une journée de campagnes dans toutes les radios, les écoles, jusque dans les zones les plus reculées, afin que la population connaisse ses droits et les dangers de la traite. Il insiste sur le fait que la pratique du “restavèk” soit bannie dans la société haïtienne, le 30 avril devrait être une journée nationale de réflexion et d’action pour éradiquer cette pratique de la société.
Enfin, ils affirment clairement et fermement que les femmes et les filles ne doivent plus continuer à être des victimes de la traite et que les garçons ne doivent plus devenir de la chair à canon sous l’emprise des groupes armés.
Yasmine Sanon
