7 février 2026, et, avec lui, une nouvelle étape incertaine de la transition politique haïtienne. À l’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le pays bascule dans l’inconnu.
Institué en avril 2024 dans le cadre de l’accord du 3 avril, le CPT disposait d’un délai de deux ans pour remettre l’État sur pied. Sa feuille de route était connue : freiner l’insécurité, remettre les institutions en fonctionnement et conduire le pays vers des élections crédibles. Deux ans plus tard, le bilan apparaît largement en décalage avec les engagements initiaux.
En effet, sur le terrain, l’insécurité reste la donnée dominante. Le Conseil présidentiel n’est pas parvenu à inverser la dynamique imposée par les gangs armés, qui continuent de dicter le quotidien de larges zones du pays. L’autorité de l’État demeure fragmentée, et les institutions fonctionnent sous tension permanente.
Dans ce contexte, la question électorale, pourtant centrale dans le mandat du CPT, est restée en suspens. Les autorités de transition avaient évoqué des élections pour décembre. Cette échéance n’a pas été respectée. Jusqu’à ce jour marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel, aucun scrutin n’a été organisé, ni même véritablement engagé.
Aussi, des milliers de familles ont été contraintes de quitter leurs maisons, fuyant les violences ou les menaces directes des groupes armés. Ces déplacements forcés, souvent improvisés, ont aggravé une situation humanitaire déjà critique. Aujourd’hui, près de la moitié de la population vit en situation d’insécurité alimentaire aiguë, avec un impact particulièrement alarmant chez les enfants.
Parallèlement, avec la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pourrait se retrouver au centre du jeu institutionnel. « Porter la responsabilité d’un processus électoral longtemps annoncé, mais jamais enclenché. »
Tout compte fait, à l’heure où le CPT s’efface, aucune alternative consensuelle ne se dégage clairement. Plusieurs scénarios circulent, notamment autour de la désignation d’un juge à la Cour de cassation ou d’un nouvel arrangement politique, mais aucun ne s’impose. « Pour une large partie de la population, la transition a échoué. Le Conseil présidentiel de transition n’a ni rétabli la sécurité, ni restauré la confiance, ni ouvert la voie à des élections crédibles. La date passe, les problèmes demeurent. »
Vladimir Predvil
