Face à la crise politique que traverse le pays, l’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (OIDG) s’est prononcé sur la conjoncture actuelle. L’organisation dit prendre acte de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), arrivé à échéance le 7 février dernier conformément à l’accord du 3 avril 2024. Elle note également la prise en charge du pays par le Conseil des ministres, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
À cet effet, le cofondateur et président de l’Observatoire souligne que le nouveau chef du gouvernement doit impérativement établir un consensus national avec les partis politiques représentatifs afin d’obtenir une légitimité réelle. Selon lui, l’objectif prioritaire de cette nouvelle phase doit être l’organisation d’élections libres et honnêtes pour rétablir l’ordre institutionnel, tout en insistant sur la nécessité d’un accord politique inclusif entre les haïtiens, estimant qu’une solution imposée par la communauté internationale serait contre-productive.
Pour sortir de l’impasse, l’OIDG propose notamment des actions centrées sur un consensus national et l’organisation d’élections. Le Premier ministre, affirme-t-il, a le devoir urgent de convoquer l’ensemble des partis représentatifs afin de parvenir à une entente politique. Cet accord doit reposer sur des acteurs crédibles, capables de garantir une légitimité nationale claire, et non sur des choix perçus comme imposés.
L’Observatoire plaide pour un exécutif bicéphale plutôt que monocéphale. Il suggère également qu’une discussion pourrait aboutir à la désignation d’un président ou d’un collège présidentiel tout en maintenant le Premier ministre actuel, à condition qu’un accord formel et documenté soit conclu entre les acteurs.
Au-delà de l’urgence nationale, l’OIDG appelle à un véritable dialogue entre toutes les forces politiques afin de définir l’avenir du pays, son développement et sa stabilité institutionnelle, évitant ainsi de retomber dans des crises cycliques. Alors que la communauté internationale soutient le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, l’Observatoire insiste sur le fait que la solution doit être haïtienne, car selon lui, la réussite de ce processus dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à juguler l’insécurité qui étouffe le pays.
Constatant que les initiatives précédentes n’ont pas abouti au terme du mandat du CPT, l’OIDG exhorte le Conseil des ministres à convoquer sans délai toutes les forces vives de la nation afin de parvenir à un accord politique. Celui-ci devrait permettre la mise en place d’un exécutif bicéphale chargé de conduire le pays vers les élections. L’Observatoire rappelle enfin la nécessité d’instaurer un pacte de gouvernabilité sur 25 ans, fondé sur un dialogue sincère et inclusif.
Likenton Joseph
