Haïti figure une nouvelle fois parmi les pays les plus mal classés de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié par Transparency International. Le pays occupe la 169e place sur 182 États et territoires évalués, avec un score de 16 sur 100, confirmant la persistance d’une corruption endémique et la fragilité de ses institutions publiques.
Selon le rapport, les Amériques affichent une moyenne régionale de 42 sur 100, un résultat qui témoigne d’une stagnation préoccupante. Depuis 2012, 12 des 33 pays de la région ont enregistré une détérioration significative, tandis que seuls la République dominicaine (37) et le Guyana (40) ont connu une amélioration notable.
Transparency International souligne que des années d’inaction ou de recul en matière de gouvernance ont contribué à l’érosion démocratique, favorisé l’expansion du crime organisé et affaibli les droits humains, les services publics ainsi que la sécurité.
Haïti parmi les pays les plus vulnérables
Dans la région, le Venezuela (10 points), le Nicaragua (14 points) et Haïti (16 points) occupent les dernières positions. Ces pays sont caractérisés par des institutions défaillantes, une forte répression et des réseaux de corruption profondément enracinés.
Le rapport met en lumière les liens entre corruption et criminalité organisée, notamment dans des pays comme le Mexique (27), le Brésil (35) ou la Colombie (37), où l’infiltration des structures politiques par des groupes criminels affecte directement la vie des populations.
Les démocraties mieux classées sous pression
Les pays les mieux classés du continent sont le Canada (75), l’Uruguay (73) et la Barbade (68). Toutefois, même ces démocraties considérées comme plus solides font face à des défis liés à la violence alimentée par la corruption et au crime organisé.
Les États-Unis (64), pour leur part, enregistrent leur score le plus bas depuis la création de l’indice. Transparency International évoque des inquiétudes liées à l’indépendance de la justice et au recul de certains mécanismes de lutte contre la corruption, notamment en matière d’application de la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger.
Le rapport relève également un affaiblissement de la surveillance citoyenne dans plusieurs pays. Au Salvador (32) et en Équateur (33), des restrictions visant les organisations de la société civile et les médias indépendants limitent la transparence et la reddition de comptes.
Luciana Torchiaro, conseillère régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes à Transparency International, appelle les gouvernements à placer la lutte contre la corruption au cœur de leurs priorités « Pour améliorer la vie des citoyens et renforcer leur résilience face au crime organisé, les gouvernements doivent protéger les libertés fondamentales, garantir un système judiciaire indépendant, renforcer la coopération internationale et rendre les marchés publics plus transparents. »
Vladimir Predvil
