Une vive tension a régné, le vendredi 27 février 2026, à l'Hôpital Immatriculée Conception des Cayes plus connu sur le de l'Hôpital Général. Une situation qui a paralysé toutes les activités. Cette situation est due à une altercation entre le substitut commissaire du gouvernement Pierre Maykel Georges et un médecin dans l’enceinte de l’institution hospitalière.
Selon les témoignages de plusieurs témoins, le magistrat se serait présenté dans la soirée du 26 février à l’hôpital, accompagné d’un agent de la Police Nationale d’Haïti, afin de requérir les services d’un médecin après la découverte du corps sans vie d’un individu retrouvé dans une usine de vétiver située à l'entrée nord la ville des Cayes, Croix-des-Martys. Toutefois, en l’absence des formalités légales exigées dans ce type de procédure, la docteure Janvier Naïcka aurait refusé de se déplacer.
Ce refus aurait déclenché la colère du magistrat. Des échanges particulièrement tendus se sont suivis. La docteure affirme avoir été agressée verbalement, puis menacée avec une arme à feu. Sous le choc, elle aurait même subi un saignement soudain, conséquence directe du stress intense provoqué par l’altercation.
En effet, certains travailleurs de santé qualifient cet acte comme une dérive extrêmement préoccupante. Comment comprendre qu’un représentant de l’autorité judiciaire puisse, dans l’exercice de ses fonctions, intimider une professionnelle de santé à l’intérieur même d’un établissement sanitaire? L’hôpital, espace de soins et de protection, ne saurait devenir un théâtre d’abus de pouvoir ont-ils souligné avec indignation.
En réaction, le personnel médical et administratif a observé un arrêt de travail immédiat. Les employés exigent la révocation et l’arrestation de Pierre Maykel Georges, ainsi que le policier qui l’accompagnait. Leur mouvement, bien que lourd de conséquences pour les patients, traduit un profond ras-le-bol face à l’insécurité et au manque de respect dont sont victimes les soignants.
Plusieurs membres du corps médical interpellent également le ministre de la Santé publique, le docteur Sinal Bertrand, afin qu’il intervienne sans délai pour garantir la sécurité du personnel et rétablir un climat de confiance. Le silence ou l’inaction des autorités dans une affaire aussi grave ne feraient qu’alimenter le sentiment d’impunité qui mine déjà les institutions du pays.
Entre-temps, des dizaines de patients se retrouvent sans prise en charge et obligent de laisser le plus grand centre hospitalier du département du Sud en raison de la paralysie des activités.
Frantzou Laguerre
