Les responsables de plusieurs camps de déplacés ont organisé, ce lundi 2 mars 2026, à la mi-journée, un mouvement baptisé « Bat tenèb », pour marquer les trois années depuis que la population de Solino a été forcée de quitter le quartier après des attaques répétées de la coalition criminelle Viv Ansanm.
En effet, des dizaines d’habitants de Solino, logés notamment sur les sites de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), de l’École nationale Colombie, de KID et de FUSION, ont pris part à cette mobilisation pour protester contre les mauvaises conditions de vie imposées depuis leur déguerpissement forcé par des caïds armés.
Le rassemblement s’est tenu sur la route de Bourdon. Chaque participant tenait à la main un objet pouvant produire du bruit. Selon leurs témoignages, cette initiative vise à attirer une nouvelle fois l’attention des autorités sur leurs conditions de vie difficiles dans des sites de déplacés jugés inadaptés.
« Ce 2 mars 2026 marque trois ans depuis que les bandits ont commencé à attaquer la population de Solino. Deux ans plus tard, dans la nuit du 13 novembre 2025, ils nous ont forcés à fuir nos maisons sous la pression des armes. Pour commémorer cette date, nous prenons cette initiative afin d’envoyer un signal clair à l’État haïtien, nous en avons assez de vivre dans cette misère atroce, au milieu des ordures et des eaux stagnantes. Nous sommes fatigués de subir cette humiliation quotidienne », ont déclaré les responsables des sites.
En outre, ils dénoncent la lenteur des autorités dans la mise en œuvre du programme d’assistance promis aux victimes, une aide qui, selon eux, n’a jamais été versée malgré les opérations de recensement effectuées.
« Le 7 août 2025, nous avons été enregistrés. Près de sept mois plus tard, aucun suivi n’a été fait, alors que cet argent avait été promis pour nous permettre de libérer les sites et de trouver un logement individuel », ont-ils ajouté.
Dans ce contexte, les déplacés internes interpellent le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, lui rappelant les promesses faites lors de ses discours. Ils réclament un retour sans condition dans leur quartier et dans leurs maisons, tout en exigeant que les autorités prennent les mesures nécessaires pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Concernant l’organisation des élections prévues cette année, les citoyens vivant dans les camps affirment qu’ils ne participeront pas au scrutin dans un contexte d’insécurité, alors qu’ils vivent encore sous des tentes. Ils estiment que le retour dans leurs foyers est indispensable pour pouvoir prendre part aux prochaines élections, dans l’objectif de doter le pays d’un gouvernement issu d’élections libres et démocratiques et de mettre fin à la transition.
Yasmine Sanon
