La Direction générale de la protection civile (DGPC) a célébré, le lundi 2 mars 2025, la Journée mondiale de la protection civile au Centre d’opérations d’urgence national (COUN). À cette occasion, elle a organisé une conférence-débat autour du thème : « Gérer les risques environnementaux pour un avenir résilient et durable ». Cette journée s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, des membres du Secrétariat général de gestion des risques et des désastres, des représentants du Groupe d’appui opérationnel international ainsi que de plusieurs établissements scolaires.
À travers cette commémoration, six objectifs principaux ont été poursuivis. Il s’agissait d’informer et de sensibiliser la population, de promouvoir la prévention plutôt que la réaction, de favoriser le dialogue entre les acteurs clés, de renforcer la résilience nationale, de s’aligner sur la vision internationale en matière de gestion des risques et des catastrophes, et enfin de mobiliser les décideurs ainsi que les partenaires.
Dans son intervention, le directeur général de la Protection civile, Emmanuel Pierre, a souligné que cette journée vise avant tout à renforcer la sensibilisation aux risques et à encourager une réflexion approfondie sur les catastrophes en Haïti. Selon lui, il est essentiel d’utiliser toutes les ressources et tous les moyens disponibles afin de privilégier la prévention des catastrophes.
Par ailleurs, il a indiqué que, cette année, l’institution entend intégrer davantage les communautés, notamment la communauté éducative ainsi que les institutions clés de l’État, afin d’identifier de meilleures stratégies de gestion des risques. Il a également précisé que d’importants efforts sont consentis au sein du gouvernement et de la DGPC pour résoudre les problèmes structurels et réduire les vulnérabilités, de manière à éviter que la population ne soit victime de catastrophes.
Dans son allocution, le directeur général a fait remarquer que le thème retenu cette année par l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC) coïncide parfaitement avec les orientations défendues depuis plusieurs mois en Haïti, à savoir la construction de la résilience des communautés. Selon lui, cette conférence-débat permet d’analyser les aléas naturels auxquels le pays est exposé, d’en comprendre les causes et les impacts, et surtout de mesurer l’importance de développer une véritable culture de prévention à l’échelle nationale.
Il a également insisté sur le fait que la Protection civile ne se limite pas à l’intervention d’urgence ou à la distribution de l’aide. Au contraire, elle promeut l’anticipation, la réduction des vulnérabilités et la planification stratégique.
En ce sens, il a exhorté la population à prendre en considération les messages de sensibilisation, à adopter les comportements appropriés pour protéger leur vie et à gérer avec prudence les substances susceptibles de mettre leur sécurité en danger.
De plus, il a mis l’accent sur le rôle fondamental des écoles et des enfants en tant qu’acteurs de changement. Il a aussi rappelé l’importance de la collaboration avec des institutions telles que le ministère de l’Environnement et le Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT).
Pour conclure, il a lancé cet appel : « Ne finançons pas les catastrophes, finançons la résilience, c’est-à-dire la prévention des risques et des catastrophes. »
Pour sa part, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, a déclaré que cette commémoration constitue un moment solennel de réflexion, mais aussi un engagement renouvelé réunissant autorités publiques, partenaires techniques, acteurs humanitaires et volontaires autour d’un objectif commun : la sauvegarde de la vie humaine.
Face à la situation que traverse le pays, il a souligné que la réponse doit être structurée, anticipative et coordonnée. Selon lui, il est indispensable de renforcer la prévention en intégrant la gestion des risques et les politiques d’aménagement du territoire dans les cursus scolaires et universitaires.
En outre, il a insisté sur le rôle central des collectivités territoriales, qui doivent veiller à une urbanisation maîtrisée, à la protection des zones sensibles et à une sensibilisation permanente de la population.
Il a également évoqué la nécessité de consolider les capacités opérationnelles à travers la modernisation des équipements, la formation continue, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et le renforcement de la coordination interservices.
Enfin, il a conclu en affirmant que la résilience est le fruit d’une volonté partagée et qu’elle suppose une coopération étroite entre l’État, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers, la société civile ainsi que les citoyens.
Modeline Youte
