Les personnes déplacées internes (PDI), contraintes de fuir leur domicile depuis plusieurs années, ont appelé les autorités étatiques à les accompagner face à l’augmentation du prix du carburant sur le marché national, laquelle pourrait impacter davantage leurs conditions de vie. Dans ce sens, elles réclament des mesures d’apaisement social afin de faire face à cette situation.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 1er avril 2026 dans les locaux de l’école nationale Argentine à Bellegarde, les PDI ont fixé leur position par rapport à l’annonce du gouvernement d’une nouvelle grille tarifaire des produits pétroliers, à travers une note conjointe.
Dans cette optique, Etzer Jean, responsable de la mobilisation des PDI, a rappelé que ces citoyens vivent depuis des années dans des conditions précaires, tandis que le gaz étant un produit transversal, sa hausse entraîne une augmentation du coût de la vie, ce qui affectera la population, notamment les personnes déplacées internes qui font face à une grande insécurité sociale. Pour lui, cette hausse aggravera la faim dans le pays, où plus de 6 millions de personnes étaient déjà en situation d’insécurité alimentaire, et pourraient atteindre 8 millions.
Plus loin, il a affirmé que cette hausse est la conséquence des tensions internationales qui affectent la population haïtienne. Par conséquent, il appelle les dirigeants à prendre des mesures pour soutenir les personnes vivant dans des circonstances de vulnérabilité.
« Nous exigeons la mise en place d’actions sociales dans les camps, que ce soit à travers les cantines populaires ou par d’autres mécanismes d’assistance. Il est essentiel que l’État prenne en compte ces catégories vulnérables. Il doit également tenir une table sectorielle avec toute l’équipe du gouvernement pour apporter une réponse appropriée à cette nouvelle situation », a ajouté M. Etzer
Pour lui, il est important que, dans cette perspective, chaque ministère assume pleinement son rôle afin de proposer des solutions concrètes et efficaces, notamment le Fonds d’Assistance Économique et Social (FAES).
Par ailleurs, il évoque la situation d’insécurité qui continue de s’aggraver dans le pays, notamment dans le centre-ville de la capitale, tandis que les autorités ne manifestent toujours pas une réelle volonté de résoudre cette crise.
Il estime également qu’une certaine propagande est entretenue autour du travail prétendument réalisé par la Police au centre-ville, en raison de l’absence de résultats concrets.
Dans ce cas, il espère que les hauts gradés de la Police nationale d’Haïti et le gouvernement assumeront pleinement leur responsabilité de rétablir la paix publique dans le pays, afin que les citoyens expulsés puissent regagner leur quartier.
Beaucoup de ces personnes sont déplacées depuis plus de trois ans, sans que personne n’ait imaginé qu’elles resteraient aussi longtemps hors de leurs maisons.
« Nous demandons à l’État de repenser sérieusement la situation sécuritaire, s’il souhaite réellement organiser des élections comme il le déclare. Il est indispensable de rétablir la sécurité afin de permettre aux citoyens de se déplacer librement et de regagner leurs domiciles », a-t-il conclu.
En outre, des déplacés logés au site d’Argentine à Bellegarde ont profité pour décrire leurs conditions de vie difficiles qu’ils y endurent dans cet espace, notamment lors des périodes de pluie. Ils ont également affirmé qu’ils ne reçoivent aucune assistance de la part des autorités compétentes.
Dans ce sens, les PDI demandent au gouvernement en place de prendre des dispositions urgentes afin de les relocaliser. Selon eux, cet espace ne correspond pas à un lieu d’hébergement adapté à la vie humaine.
Par ailleurs, de nombreuses personnes déplacées appellent également l’État à rétablir la sécurité, afin de leur permettre de regagner leurs quartiers occupés par les gangs et de vivre dans de meilleures conditions.
Yasmine Sanon
