Alors que ni le décret électoral ni le budget n’ont été adoptés, le Premier ministre se contente de discours creux. Récemment, il a déclaré que « wè pa wè eleksyon ap fèt ». À chaque intervention publique, le chef du gouvernement réaffirme son « engagement » à organiser des élections générales et à restaurer la sécurité. Par contre, les faits contredisent totalement ses annonces.
Promesses creuses, réalité sanglante
Dans les quartiers populaires, les cadavres s’accumulent, les familles fuient sous les balles des gangs qui étendent leur emprise. La population, livrée à elle-même, ne sait plus à quel saint se vouer. Pendant ce temps, les autorités se contentent de recycler des promesses électorales sans calendrier, sans budget, sans stratégie.
Le Conseil électoral provisoire (CEP) a révisé le budget électoral, estimé à 250 millions de dollars. Le Premier ministre l’a qualifié d’« inacceptable et absurde », mais aucune alternative crédible n’a été proposée. Sans adoption du décret et du budget, l’organisation d’élections honnêtes et transparentes demeure une chimère.
Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, Haïti s’enfonce dans un vide institutionnel. De Claude Joseph à Ariel Henry, de Garry Conille à Alix Didier Fils-Aimé, les transitions se succèdent, les promesses s’accumulent, mais les résultats restent inexistants.
Le gouvernement actuel s’inscrit dans cette continuité des discours solennels, des engagements répétés, mais aucune volonté réelle de matérialiser les annonces.
Face à ce constat, une question surgit: Jusqu’à quand Haïti restera prisonnière de ce cycle de promesses non tenues ? Jusqu’à quand les autorités prendront conscience de leur incapacité à sortir le pays du marasme ?
Likenton Joseph
