L’Ensemble des citoyens compétents à la recherche de l’égalité des droits de l’Homme en Haïti (ECCREDHH) lance un cri d’alarme face à la situation des déplacés de la plaine du Cul-de-Sac. Dans une lettre ouverte publiée le 20 mai 2026, l’organisation dénonce la déshumanisation des familles contraintes de fuir les violences armées ainsi que l’inaction des autorités haïtiennes face à cette crise humanitaire.
Selon l’ECCREDHH, plusieurs milliers d’habitants ont abandonné leurs maisons à cause des attaques menées par des groupes armés dans la plaine du Cul-de-Sac. Le bilan provisoire fait état de plus de cinquante personnes tuées, de nombreuses maisons incendiées, de commerces pillés et de pertes importantes de bétail.
L’organisation affirme que ces familles déplacées vivent actuellement dans des conditions extrêmement difficiles au carrefour « Trois Mains », à proximité de l’aéroport international Toussaint Louverture. Hommes, femmes et enfants dorment à même le sol, exposés au soleil et à la pluie, sans véritable assistance de l’État.
Dans cette lettre ouverte, l’ECCREDHH attire également l’attention sur les conséquences de cette crise sur les enfants et les jeunes. L’organisation souligne que plusieurs mineurs risquent d’être recrutés par des groupes armés tandis que la fermeture des écoles dans la zone prive de nombreux enfants de leur droit à l’éducation.
L’organisme évoque aussi des risques sanitaires et sécuritaires majeurs dans les sites de déplacés, notamment les violences sexuelles, la prostitution de survie ainsi que la propagation des infections sexuellement transmissibles.
Face à cette situation, l’ECCREDHH questionne le rôle de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) et rappelle que l’État haïtien a l’obligation de protéger sa population conformément aux conventions internationales relatives aux droits humains signées par Haïti.
L’organisation estime qu’il est inacceptable de voir des citoyens vivre dans une telle précarité sur leur propre territoire sans réponses concrètes des autorités compétentes.
Sorah Schamma Joseph
