Dans le budget rectificatif pour l'exercice fiscal 2025-2026, le financement lié aux élections se divise en deux composantes distinctes : le budget de fonctionnement de l'institution et l'enveloppe spécifique dédiée aux activités électorales. La question centrale est quelle part du budget rectificatif 2025-2026 est réellement consacrée au processus électoral ?
Sous la rubrique des dépenses exceptionnelles, une enveloppe spécifique est réservée aux activités électorales. Le montant rectifié atteint 5,9 milliards de gourdes (HTG), soit une hausse de 500 millions par rapport au budget initial qui était 5,4 milliards HTG. Cette augmentation représente une progression de 9,3 %.
Budget institutionnel du Conseil électoral provisoire (CEP)
Le budget propre au CEP, identifié sous le code institutionnel 4211, s’élève à 1,59 milliard HTG. Il est exclusivement consacré aux crédits de fonctionnement, dont les dépenses de personnel estimées à 1 236 818 362 HTG soit 77,6 % du total institutionnel. Pour les biens et services: l’enveloppe est à 204 961 260 HTG. La somme pour l’immobilisation est estimée à 125 425 002 HTG et autres dépenses publiques sont à 26 500 000 HTG.
Si l’enveloppe globale reste stable, des réajustements internes ont été opérés avec notamment une réduction de 24 millions HTG sur les biens et services et de 132 millions HTG sur les immobilisations. Ces 156 millions ont été réaffectés à d’autres besoins de fonctionnement, sans modifier le total.
À noter que le soutien financier aux partis politiques, initialement prévu à 3 milliards HTG, a été entièrement supprimé dans cette version rectifiée du budget.
Il convient de distinguer le budget institutionnel du CEP destiné à son fonctionnement administratif de l’enveloppe exceptionnelle dédiée aux opérations électorales. Cette dernière, fixée à 5,9 milliards HTG, constitue peut-être l’effort principal de l’État pour tenter d’assurer la tenue du scrutin.
Alors que les premiers tours des élections sont annoncés pour la fin de l’année 2026, les préparatifs semblent loin d’être à la hauteur des enjeux. Dans un contexte d’insécurité généralisée, la tenue du scrutin paraît compromise. La violence des gangs et le déplacement de milliers d'habitants des obstacles majeurs sur le terrain.
Néanmoins, la possibilité de réaliser des élections crédibles et inclusives dépendra de la capacité de ce gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à sécuriser le territoire, à financer le processus et à trouver un consensus durable avec l'ensemble de la classe politique.
Likenton Joseph
