La situation des personnes déplacées continue de se détériorer. Entre le manque de nourriture, l'insalubrité, le manque d'eau et d'hygiène, ces déplacés internes ne savent plus où donner la tête pour tenter de changer leur situation. Chaque journée est un nouveau combat pour survivre dans des conditions de vie extrêmement précaires.
Dans les camps de Colombie et d'Annexe Communication 2, situés sur la route de bourdon, les déplacés n'ont pas hésité à partager, avec émotion, leurs tourments.
Ils se sont installés dans ces camps de fortune il y a près de deux ans, après avoir été contraints de fuir leurs maisons sous la violence des bandits armés. La plupart n'ont rien pu emporter, si ce n'est leur vie. Depuis, ils vivent dans l'incertitude, sans savoir quand ils pourront retrouver un foyer.
Mère de six enfants et veuve, une femme raconte ses tribulations. Elle affirme avoir tout perdu et ne plus être en mesure de prendre soin de ses enfants comme auparavant. Malgré tout, elle a tenté de reprendre sa vie en main, aussi difficile que cela ait été.
« J'ai essayé de recommencer. J'ai acheté quelques produits pour m'aider à prendre soin de mes enfants, mais j'ai tout perdu dans un incendie qui s'est déclaré dans le camp », affirme-t-elle, la voix remplie d'émotion.
Elle explique également ne recevoir que très rarement de l'aide des organisations internationales ou des autorités haïtiennes. Lorsqu'il pleut, les familles sont contraintes de rester debout, puisqu'elles dorment à même le sol. L'absence de conditions sanitaires adéquates complique encore davantage leur quotidien.
La situation n'est guère différente au camp d'Annexe Communication 2. Certains déplacés accusent même les responsables de camps de faire preuve de partisanerie, estimant qu'ils s'enrichissent au lieu de distribuer l'aide reçue.
« Ils achètent des voitures et des motos, pendant que nous continuons à souffrir dans les camps. C'est injuste », déplore une femme, la voix chargée d'émotion.
Une dame âgée confie, pour sa part, qu'elle ne peut plus dormir à même le sol, car elle a attrapé froid. Elle dit espérer recevoir un soutien qui lui permettra de vivre dans des conditions plus dignes.
Ces personnes ne souhaitent qu'une seule chose : retrouver leur vie d'avant, reprendre le travail et pouvoir à nouveau prendre soin de leurs familles.
Depuis près de deux ans, elles lancent des cris de détresse aux autorités compétentes. Jusqu'à présent, aucune réponse concrète ne leur permet d'envisager un avenir meilleur. En attendant, elles continuent de survivre dans ces camps, avec l'espoir qu'un jour leur situation finira par changer.
Sorah Schamma Joseph
