Le gouvernement a procédé à une révision à la baisse des tarifs du transport en commun à la suite de la diminution des prix des produits pétroliers. Officialisée par le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), cette nouvelle grille tarifaire est entrée en vigueur ce 13 juillet 2026. Toutefois, loin d'apaiser les tensions, la mesure suscite la contestation de plusieurs chauffeurs et organisations syndicales, qui évoquent la possibilité d'une grève illimitée.
Cette décision intervient au terme d'une journée de paralysie observée par des chauffeurs de camionnettes, de minibus et de taxis sur plusieurs circuits de la région métropolitaine, notamment à Delmas, au Centre-Ville et à Pétion-Ville. Les manifestants réclamaient la publication des nouveaux tarifs à la suite de la baisse des prix des carburants, entrée en vigueur le 7 juillet.
Ce mouvement de grève, qui s'est déroulé en pleine session des épreuves officielles du baccalauréat, a perturbé les déplacements de milliers d'usagers. Faute de véhicules, de nombreuses personnes ont été contraintes de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour rejoindre leur lieu de travail ou les centres d'examen.
Conformément à l'avis publié par le MAST, plusieurs tarifs ont été revus à la baisse. Dans la région métropolitaine, la course normale en taxi passe de 105 à 100 gourdes, tandis que plusieurs trajets en tap-tap, notamment entre Port-au-Prince et Pétion-Ville, Carrefour, Bon Repos ou Croix-des-Bouquets, passent de 75 à 65 gourdes. D'autres circuits sont ramenés de 50 à 40 gourdes.
Les liaisons interurbaines sont également concernées. Le trajet Port-au-Prince–Gonaïves est désormais fixé à 1 080 gourdes, contre 1 300 auparavant. Les tarifs des lignes reliant la capitale à Saint-Marc, Jacmel, Les Cayes, Jérémie et d'autres villes du pays ont également été revus à la baisse.
Selon le ministère des Affaires sociales et du Travail, cette restructuration tarifaire vise à adapter le coût du transport à la baisse des prix des carburants et à contribuer au soulagement du pouvoir d'achat des citoyens.
Malgré cette annonce, plusieurs chauffeurs et responsables syndicaux estiment que les nouveaux tarifs ne tiennent pas compte des réalités auxquelles ils sont confrontés. Certains n'écartent pas la possibilité de durcir le mouvement de protestation si leurs revendications ne sont pas entendues.
Dans les villes de province, les transporteurs soulignent notamment que l'insécurité continue d'alourdir considérablement leurs coûts d'exploitation. La présence de groupes armés sur plusieurs axes routiers oblige les conducteurs à emprunter des itinéraires de contournement plus longs, entraînant une hausse de la consommation de carburant, des frais d'entretien des véhicules et du temps de parcours.
À ces contraintes s'ajoutent les postes de péage illégaux installés par des groupes armés sur certaines routes nationales, une réalité qui, selon plusieurs professionnels du secteur, rend difficile l'application effective des nouveaux tarifs officiels.
Si les autorités appellent les transporteurs à respecter la nouvelle grille tarifaire, plusieurs observateurs estiment que son application dépendra en grande partie d'une amélioration durable de la situation sécuritaire. Pour de nombreux usagers, la baisse officielle des prix constitue certes un soulagement, mais les perturbations liées à l'insécurité continuent de peser lourdement sur les conditions de déplacement à travers le pays.
Vladimir Predvil
