Un ensemble de formations politiques a demandé au Conseil électoral provisoire (CEP) de reporter les dates fixées pour l’inscription des groupements et regroupements politiques. Initialement, le CEP avait prévu la période du 13 au 17 juillet 2026 pour les groupements, et du 22 au 27 juillet pour les regroupements politiques. Dans une note adressée à l’institution électorale, les signataires soulèvent plusieurs préoccupations d’ordre juridique, institutionnel et politique, estimant que ces contraintes pourraient affecter la crédibilité et la légitimité du processus.
À cet égard, ils pointent notamment l’absence de numéro de référence et d’éléments administratifs dans la note publiée par le CEP, ce qui, selon eux, affaiblit sa portée institutionnelle et soulève des doutes sur sa valeur juridique. Les partis dénoncent également l’existence de versions divergentes des textes régissant le processus électoral, un projet de décret intégral d’un côté, et des articles modifiés au niveau de la Primature de l’autre, créant une incertitude juridique jugée préjudiciable.
De plus, ils rappellent que la constitution de plateformes politiques ne peut être réduite à une formalité administrative, mais implique des consultations et arbitrages nécessitant un délai raisonnable. Des échéances trop restreintes risquent, selon eux, de compromettre l’inclusivité du scrutin.
À ces inquiétudes s’ajoute la question sécuritaire. Les signataires estiment que l’organisation d’élections libres et crédibles demeure impossible sans amélioration substantielle de la sécurité publique, actuellement jugée préoccupante dans plusieurs régions. Ils reconnaissent que la responsabilité première incombe au pouvoir exécutif, mais soulignent que le CEP doit s’assurer, en coordination avec les autorités compétentes, de conditions minimales avant d’engager des étapes irréversibles.
En conséquence, les partis demandent au CEP de reporter les inscriptions prévues en juillet; publier une version harmonisée et définitive du décret électoral ; élaborer un calendrier réaliste fondé sur une évaluation objective des conditions politiques et sécuritaires et engager un dialogue formel avec les acteurs nationaux pour parvenir à un consensus minimal.
De surcroît, ils soulignent également au CEP d'engager un dialogue formel avec les forces politiques et les principaux acteurs nationaux afin de favoriser un consensus minimal autour des modalités d'organisation du scrutin. Les organisations politiques ont réaffirmé leur attachement indéfectible aux principes démocratiques, à l'État de droit ainsi qu'au renouvellement légitime des institutions républicaines.
Toutefois, elles rappellent qu'aucun processus électoral ne saurait être crédible, inclusif et accepté par la population s'il se déroule dans un contexte d'incertitude juridique, d'insuffisance sécuritaire et de précipitation administrative. Selon eux, la réussite des prochaines élections exige de la rigueur, de la transparence, du dialogue politique et une approche méthodique, afin de garantir la légitimité des institutions qui en seront issues.
Les signataires incluent notamment Claude Joseph (EDE), Édouard Wadner (RDNP), Marcel Lumérant (KID), Jean Michel Lapin (Nouvelle Orientation), André Michel (SDP), Kenold Mathieu (Veye Yo), Francenet Denius (Debout Citoyen), Marie Denise Claude (Groupe d’opposition des anciens), ainsi que des représentants du Pacte national pour la stabilité et l’organisation d’élections tels que Walson Sanon (Anfòs Ayti), Pierre Ricard (Kore-N), Bien-Aimé A. Rodon (ENA), Phélito Doran (Ann Chanje Lavi), Esaïe Beauchard (Rospo) et Wuilson Joseph (Corepad/PEA) entre autres.
Likenton Joseph
