Plus de 350 000 ressortissants haïtiens bénéficiant du Statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis demeurent dans l'incertitude. Si les autorités américaines ont accordé une prolongation provisoire de la validité des autorisations de travail et du statut jusqu'au 24 juillet 2026, les procédures judiciaires engagées autour de la fin du programme se poursuivent, laissant planer la menace d'une reprise des expulsions.
Les Services de la citoyenneté et de l'immigration des États-Unis (USCIS) ont annoncé que les documents d'autorisation de travail (EAD) des catégories A12 et C19, initialement expirés le 10 juillet, resteront valides jusqu'au 24 juillet. Cette mesure transitoire vise à maintenir temporairement les droits des bénéficiaires dans l'attente de nouvelles décisions judiciaires et administratives.
Cette annonce intervient après la décision de la Cour suprême des États-Unis de permettre à l'administration américaine de poursuivre le processus mettant fin au TPS accordé aux Haïtiens. Les avocats représentant les bénéficiaires continuent toutefois de contester cette orientation devant les juridictions fédérales, notamment sur des questions d'ordre constitutionnel.
Selon les documents judiciaires, le gouvernement américain demande à la Cour d'appel du District de Columbia de lever l'injonction prononcée par la juge Ana C. Reyes, qui empêchait l'arrestation et l'expulsion des bénéficiaires du TPS. Les avocats des plaignants s'y opposent, estimant qu'aucune urgence ne justifie une telle mesure. Une décision de la Cour est attendue dans les prochains jours, tandis que la juge Reyes doit encore se prononcer sur plusieurs aspects constitutionnels du dossier.
Dans ce contexte, plusieurs spécialistes du droit de l'immigration appellent les bénéficiaires du TPS à la prudence. Ils recommandent de suivre exclusivement les communications officielles, de consulter un avocat avant toute démarche et d'éviter les déplacements non essentiels entre les États américains. Ils rappellent également que la prolongation temporaire des autorisations de travail ne prolonge pas automatiquement la validité des permis de conduire arrivés à expiration.
Parallèlement à cette bataille judiciaire, le gouvernement haïtien poursuit ses démarches diplomatiques à Washington. Le ministre du Commerce et de l'Industrie, James Monazard, a rencontré des responsables du Département d'État américain afin de plaider en faveur du renouvellement des programmes commerciaux HOPE/HELP, considérés comme essentiels au maintien de milliers d'emplois dans le secteur textile haïtien.
Au cours de ces échanges, le ministre a également attiré l'attention des autorités américaines sur les conséquences qu'aurait la fin du TPS pour les familles haïtiennes et pour l'économie nationale, largement soutenue par les transferts de fonds de la diaspora. Selon lui, une interruption de ce programme risquerait d'aggraver la vulnérabilité économique du pays.
De son côté, l'ancien candidat à la présidence Kiawel Daniel a appelé à la solidarité en faveur des bénéficiaires du TPS et exhorté les partenaires internationaux à rechercher des solutions respectant les droits et la dignité des ressortissants haïtiens. Il estime que le sort de la diaspora demeure étroitement lié à la crise profonde que traverse Haïti.
En attendant les prochaines décisions des tribunaux américains, l'avenir du TPS reste suspendu aux procédures judiciaires en cours. Pour des centaines de milliers d'Haïtiens établis légalement aux États-Unis depuis parfois plus de quinze ans, les prochains jours pourraient être déterminants quant au maintien de leur statut et de leurs droits.
Vladimir Predvil
