Le Congrès National Ouanaminthe pour la Nouvelle Haïti (CNO-NH) et Alliés, lors d'une conférence tenue ce mardi 21 juillet 2026, ont fixé leur position autour de la situation de la crise multidimensionnelle à travers le pays et plaidé en faveur d'un pouvoir exécutif bicéphale composé d'un président et d'un Premier ministre.
Le pays s'enfonce chaque jour dans une crise socio-politique sans précédent, marquée par une insécurité généralisée. Cette situation a entraîné le contrôle des groupes armés dans plusieurs zones du pays, provoquant le contrôle des routes du territoire national par la coalition « Viv Ansanm ». Et sur le plan institutionnel, l'État a perdu sa présence permanente dans plusieurs communes du pays.
Ces crises multiformes ont de graves conséquences sur la population haïtienne sur le plan humanitaire et social, sécuritaire, territorial, économique, institutionnel et politique, selon les responsables de ce mouvement CNO-NH.
Face à cette situation, le Congrès National Ouanaminthe pour la Nouvelle Haïti et ses alliés ont proposé une nouvelle transition qui, pour eux, sera la dernière transition. Pour qu'elle soit mise en œuvre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé doit se démissionner.
« Nous, au niveau du Congrès et alliés, nous proposons un exécutif bicéphale composé d'un président, peut-être issu de la Cour de cassation, de la classe politique et de la société civile. Il doit également être une personnalité crédible, compétente, honnête, expérimentée, capable d'assumer sa responsabilité à l'égard du pays, et un Premier ministre de consensus pour pouvoir mettre fin à la question de cette transition qui a trop duré », a déclaré le coordonnateur de l'Ouest du CNO, M. Guiteau François.
Il affirme que le président assurerait la représentation nationale et la diplomatie; le Premier ministre gérerait l'administration quotidienne et les politiques publiques.
Cette nouvelle transition aura une feuille de route bien détaillée qui comprendrait quatre grands chantiers. Le premier est le dialogue national souverain avec tous les secteurs de la vie nationale sans partisane ; le second est la résolution de la crise sécuritaire avec un plan de sécurité nationale; ensuite une assistance sociale totale aux populations vulnérables, notamment les déplacés forcés qui vivaient dans des situations infrahumaines dans les sites; enfin l'organisation des élections crédibles, fiables et constitutionnelles.
Pour lui, ce gouvernement doit être installé dans un bref délai pour administrer le pays et mettre Haïti sur la voie des élections.
Par ailleurs, le responsable explique que, pour que les élections soient bien organisées, il faut que la libre circulation sur les voies nationales soit rétablie totalement, récupérer les zones contrôlées par les gangs armés. Il exige notamment une réforme au niveau du Conseil électoral garantissant la transparence, publier la liste électorale, élaborer un calendrier électoral réaliste.
Yasmine Sanon
