L'organisation féministe NÈGÈS MAWON a officiellement lancé, ce mercredi 22 juillet 2026, la 9e édition de son Festival féministe, organisée à l'occasion de son dixième anniversaire. Prévu du 22 au 25 juillet, l'événement se déroule autour du thème « Batay nou makonnen » et entend offrir un espace de réflexion, de dialogue et de mobilisation autour des droits des femmes dans un contexte marqué par les multiples crises que traverse Haïti.
À travers cette édition anniversaire, NÈGÈS MAWON entend réaffirmer son engagement en faveur des droits des femmes tout en proposant une lecture féministe des réalités sociales, politiques et économiques qui affectent le pays. Selon les responsables de l'organisation, le thème « Batay nou makonnen » traduit la nécessité de renforcer les solidarités face aux différentes formes d'oppression qui touchent particulièrement les femmes et les groupes les plus vulnérables.
Intervenant lors de la conférence de presse de lancement, Nidjemah Rudgee Colas, membre du comité du Festival féministe NÈGÈS MAWON, a présenté les principales activités inscrites au programme. Celui-ci comprend notamment des espaces de dialogue et de réflexion sur diverses thématiques liées à la condition des femmes, des ateliers de formation, un Salon féministe réunissant des militantes, des chercheuses et des personnes engagées dans les luttes féministes, ainsi qu'une conférence-débat prévue le 24 juillet au Centre culturel Brésil-Haïti.
« Nous avons observé l'ensemble des crises que traverse le pays ainsi que leurs conséquences sur la vie des femmes. Nous constatons que les discriminations et les violences continuent d'affecter profondément leur quotidien. C'est pourquoi cette édition du Festival NÈGÈS MAWON propose avant tout des espaces de dialogue, de discussion et de réflexion autour de plusieurs thématiques liées à la condition des femmes en Haïti », a déclaré Mme Colas.
Elle a précisé que trois grands espaces structureront cette édition : un espace de dialogue, un espace de discussion et un espace de réflexion, destinés à analyser les réalités auxquelles les femmes sont confrontées et à favoriser des échanges entre les différents acteurs engagés dans la défense de leurs droits.
Le Salon féministe constituera l'un des temps forts du festival. Il réunira des féministes, des militantes, des chercheuses ainsi que des personnes sensibles aux questions d'égalité afin d'échanger sur les défis actuels du mouvement féministe et les perspectives de mobilisation.
Les organisateurs annoncent également la tenue de « Fémini-Thé », organisé cette année sous le thème « Déracinées » et diffusé sur la plateforme Chokarella. Cette activité sera consacrée aux violences liées aux migrations, qu'il s'agisse des déplacements internes dans les sites accueillant des personnes déplacées ou des migrations internationales, où de nombreuses femmes sont exposées à diverses formes de violences lors de leur parcours.
La conférence-débat du 24 juillet portera quant à elle sur la situation des femmes rurales et la justice climatique. Les intervenants analyseront les effets disproportionnés des crises climatiques sur les femmes vivant en milieu rural, dont les moyens de subsistance dépendent largement des ressources naturelles.
« Les femmes rurales sont parmi les premières victimes des crises climatiques. Elles dépendent directement des ressources naturelles pour assurer leur subsistance et, dans un contexte marqué par l'absence de l'État, elles sont contraintes d'assumer à la fois le travail de survie et les responsabilités domestiques. À travers cette conférence-débat, nous souhaitons analyser cette réalité et proposer des pistes de solutions », a relaté Mme Colas.
Les responsables du festival rappellent que cette dixième année d'existence intervient dans un contexte où le pays est confronté à une crise multidimensionnelle marquée par la corruption, l'impunité, l'effondrement des institutions et une violence systémique portant gravement atteinte aux droits humains. Les femmes, les personnes en situation de handicap, les communautés paysannes, les personnes LGBTQ+ ainsi que les jeunes des quartiers populaires figurent parmi les catégories les plus durement touchées par cette instabilité.
« Cette édition met en lumière ces réalités imbriquées et propose une lecture féministe globale, où chaque oppression est comprise dans son lien avec les autres. Le festival se veut un espace où il est encore possible de nommer les violences, de les comprendre, mais aussi d'imaginer des alternatives créatives et solidaires », a conclu Mme Colas.
Outre les conférences et les espaces de réflexion, la programmation prévoit un atelier de formation, une expo-performance, une lecture scénique, un concert ainsi que plusieurs activités culturelles destinées à favoriser la sensibilisation, la solidarité et la mobilisation citoyenne autour des droits des femmes et de la justice sociale.
Modeline Youte
