L’insécurité frappe au cœur de l’État. Le directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Ecclésiaste Télémaque, a été enlevé ce jeudi soir à Delmas 31. Selon ses proches, il s’apprêtait à regagner son domicile lorsqu’il a été intercepté par des individus lourdement armés non identifiés. Cet enlèvement survient dans un contexte de recrudescence des actes de kidnapping dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où les gangs imposent leur loi malgré les annonces répétées des autorités.
Les kidnappings se sont intensifiés ces dernières semaines, touchant indistinctement citoyens, commerçants, étudiants et désormais hauts fonctionnaires. Par ailleurs, depuis plus d’un mois, James Boyard, directeur de cabinet du ministre de la Défense et professeur d’université, demeure entre les mains de ses ravisseurs depuis plus d’un mois et demi. Il a été kidnappé le 11 juin dernier, depuis lors, aucune de nouvelle de lui n’a été révélée. Ces enlèvements traduisent l’incapacité de l’État à protéger ses propres cadres, accentuant la défiance de la population.
L’enlèvement d’un haut responsable du MENFP montre à clair la vulnérabilité des institutions face aux gangs. Le MENFP, déjà confronté à des défis majeurs liés à la rentrée scolaire et aux réformes, voit son fonctionnement paralysé par la disparition de l’un de ses principaux cadres. La population constate que « presque personne n’est désormais à l’abri », renforçant un climat de peur et d’incertitude.
Originaire du plateau central, commune de Maïssade, Ecclésiaste Télémaque a été nommé à deux reprises directeur de cabinet du MENFP. Pour l’heure, aucune note officielle du ministère et des autorités compétentes n’a été publiée au sujet de son enlèvement.
Alors que le gouvernement tente de convaincre la communauté internationale que les conditions sont réunies pour avancer vers des élections et un référendum constitutionnel, la réalité quotidienne sur le terrain démontre le contraire. Les enlèvements se banalisent et frappent désormais au cœur même de l’appareil d’État, mettant en doute la capacité des autorités à restaurer l’ordre.
Likenton Joseph
