La Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA) a célébré, ce vendredi 24 juillet 2026 à Pétion-Ville, son quarantième anniversaire à travers une journée de commémoration placée sous le signe de la mémoire, de la résistance et de la solidarité. Entre Grand Marché féministe, forums de réflexion et perspectives d’avenir, l’organisation a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat pour les droits des femmes, leur autonomisation et leur pleine participation à la vie nationale.
Quarante années de résistance au service des femmes haïtiennes
L'Organisation a célébré ses 40 ans d’existence en rappelant les combats qui ont marqué son parcours depuis sa création, le 22 février 1986. Fondée dans un contexte de profondes mutations sociales et politiques, l’organisation affirme avoir consacré quatre décennies à la défense des droits des femmes, à la lutte contre les violences basées sur le genre et à la promotion d’une société plus juste et plus égalitaire.
À cette occasion, la SOFA a organisé un Grand Marché féministe réunissant des femmes issues de différentes régions du pays afin de mettre en valeur leurs productions, leurs savoir-faire et les initiatives économiques développées grâce à l’accompagnement de l’organisation. L’activité s’est également voulue un espace de solidarité, de rencontres et d’échanges autour des enjeux qui touchent les femmes haïtiennes.
Quarante ans de victoires
Chargée de programme de la SOFA, Stéphanie Siméon a présenté cette célébration comme une étape importante dans l’histoire du mouvement féministe haïtien.
« Ces quarante années représentent quarante années de victoires. Malgré les difficultés rencontrées depuis 1986, nous sommes toujours debout et nous poursuivons notre engagement en faveur des droits des femmes », a-t-elle déclaré.
Revenant sur le parcours de l’organisation, elle a souligné que les obstacles rencontrés au fil des décennies n’ont jamais affaibli la détermination des militantes.
« Nous considérons cet anniversaire comme quarante années de résistance et d’engagement. Les défis ont été nombreux, mais ils ont renforcé notre volonté de poursuivre cette lutte », a-t-elle affirmé.
Une lutte qui se poursuit
Au-delà de la célébration, la SOFA entend maintenir ses principales priorités d’intervention. Selon Stéphanie Siméon, l’organisation continuera à investir dans des domaines essentiels pour améliorer les conditions de vie des femmes.
« Notre combat ne change pas. Nous continuerons à travailler dans le domaine de la santé des femmes, à accompagner les survivantes de violences sexuelles, à renforcer l’autonomisation économique des femmes et à promouvoir leur participation dans les espaces de prise de décision politique », a-t-elle indiqué.
Elle a également insisté sur le fait que les avancées obtenues ne marquent pas la fin du combat féministe en Haïti.
« La lutte féministe ne s'arrête pas. Nous poursuivrons notre engagement aussi longtemps que les droits des femmes ne seront pas pleinement respectés », a-t-elle martelé.
Des forums tournés vers l’avenir
La journée de commémoration a également été marquée par deux forums de réflexion consacrés à des enjeux majeurs. Le premier a porté sur l’avenir économique des jeunes femmes. La SOFA y a annoncé l’élargissement d'un programme de formation professionnelle destiné à 200 jeunes filles, grâce au soutien d'ONU Femmes, financé par le Gouvernement du Japon, en partenariat avec l'Institut national de formation professionnelle (INFP).
Le second forum a abordé les questions de paix, de sécurité et d’accès à la justice. Dans un contexte marqué par l’insécurité et la multiplication des violences, l’organisation a réaffirmé la nécessité de renforcer les mécanismes de protection des femmes et de promouvoir une paix durable fondée sur le respect des droits humains.
Une mission inchangée après quatre décennies
Depuis sa création, la SOFA poursuit une mission clairement définie : lutter contre toutes les formes de subordination, de domination, d’exclusion et d’exploitation dont sont victimes les femmes haïtiennes. Convaincue que cette lutte est indissociable de celle menée pour la transformation de la société haïtienne, l’organisation intervient notamment dans les domaines de la santé, de la lutte contre la pauvreté, de la participation politique des femmes, du renforcement organisationnel et de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Présente dans sept départements du pays et forte d’environ 10 000 membres, la SOFA poursuit également ses actions à travers les centres Douvanjou, la Ferme École Féministe Délicia Jean, des projets d’agriculture biologique, des ateliers de production artisanale ainsi que diverses initiatives de plaidoyer menées aux niveaux national et international.
Quarante ans après sa fondation, la SOFA affirme que la mémoire des luttes passées demeure une source d’inspiration pour les nouvelles générations. À travers cette célébration, l’organisation renouvelle son engagement à poursuivre son action afin que les femmes haïtiennes soient reconnues non pour les violences qu’elles subissent, mais pour leur capacité à construire, entreprendre et contribuer pleinement au développement du pays.
Modeline Youte
