Le mardi 31 mars 2026, la famille sportive haïtienne a été frappée de stupeur à l’annonce du décès du photographe Yonel Louis. La nouvelle a été rendue publique par son fils aîné, Jimmy, qui a confirmé la disparition de son père à l’âge de 67 ans, à peine quinze jours après avoir célébré son anniversaire.
Joint par téléphone, ce dernier a précisé que Yonel Louis était alité depuis deux jours à la suite d’une maladie soudaine. Alors que son transfert vers un centre hospitalier était en cours, celui qui avait su, des décennies durant, capturer l’âme du sport haïtien a tiré sa révérence.
Figure respectée et profondément attachée à l’univers sportif, Yonel Louis était bien plus qu’un photographe : il était un témoin privilégié, un passeur de mémoire. Employé dévoué du quotidien Le Nouvelliste, il se distinguait par sa générosité et son humilité, ne demandant en retour de ses clichés qu’une simple reconnaissance : que son nom accompagne ses images.
Passionné par toutes les disciplines, il vivait chaque performance comme une histoire à raconter, chaque victoire comme une émotion à transmettre. Après la qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du Monde 2026, il confiait que l’un de ses rêves les plus chers était enfin accompli. Il nourrissait déjà le projet de se rendre aux États-Unis pour suivre la sélection nationale et immortaliser ses exploits, allant même jusqu’à envisager l’acquisition d’un équipement plus performant. Le destin en aura décidé autrement.
Les conditions sécuritaires dégradées dans la capitale l’avaient récemment privé de terrains, l’empêchant de couvrir régulièrement le championnat national, une frustration qu’il exprimait avec regret, lui qui ne vivait pleinement qu’au rythme des compétitions.
Dans l’attente des informations relatives à ses funérailles, le journal Le National adresse ses plus sincères condoléances à son épouse, à ses enfants — Evens, Jimmy, Jefté C. et Gaëlle —, à ses collègues du Nouvelliste, aux membres de l’ANAPHOS, ainsi qu’à tous ses proches et amis durement éprouvés.
Yonel Louis s’en va, mais son regard demeure, inscrit dans chaque image qu’il nous laisse.
Que ton âme repose en paix, Yonel Louis. Tu as mené le bon combat, appareil à la main.
Gérald Bordes
