Assez de métaphores !
Ce qui se passe depuis le 2 juillet 2026 n'est pas une réforme. Ce n'est pas de la moralisation. C'est une confiscation. Un coup d'État par décret. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé vient de franchir le Rubicon. Il ne se cache plus. Après avoir tenté d'imposer par effraction son Directeur Général Uder Antoine au CEP - en violation frontale de l'indépendance de l'institution - il vient d'obtenir la tête du Président du CEP lui-même. Jacques Desrosiers éjecté. Peterson Pierre-Louis installé. Bureau recomposé par un passage en force. Le message est clair : celui qui doit organiser l'élection sera désormais celui qui obéit. C’est le deuxième verrou. Le premier, vous le connaissez : L'ARTICLE 153, POINT 8. « Ni détenu », « toutes infractions » et l'indexation BRH/DGI. Jamais, dans toute l'histoire constitutionnelle et législative d'Haïti, on n'avait osé écrire une telle monstruosité juridique. On vous explique : Il suffit de vous arrêter ou de vous ficher à la BRH et à la DGI pour vous éliminer politiquement. C'est la banque et le fisc sans procès. Sans juge. Sans recours. Transformer la détention ou l'indexation financière en cause d'inéligibilité, c'est substituer la fiche BRH et la fiche DGI au jugement sans recours. C’est dire : il suffit de vous arrêter ou de vous ficher à la BRH et à la DGI pour vous éliminer politiquement C'est la banque et le fisc sans procès. C'est la double mort civique : la prison sans condamnation, la ruine et la faillite sans tribunal. C'est la présomption de suspicion qui remplace la présomption d'innocence par le jeu de la virginité policière, de la virginité bancaire et fiscale, et l'importation des lois de police de pays tiers. C’est la police qui remplace le juge. C'est l'arbitraire qui remplace la Constitution. Montesquieu l'avait dit : quand on réunit le pouvoir de juger et d'exécuter, c'est la tyrannie. Benjamin Constant l'avait dit : l'arbitraire de l'exécutif est la mort de la liberté. L’article 153 est tyrannique. Il est arbitraire. Il est citoyenticide. Foucault : la trace devient identité. Agamben : vous devenez l'inéligible sacré, celui qu'on tue civiquement sans jugement. Bourdieu : si la police et la banque filtrent les candidats, les plus exposés- les jeunes des quartiers populaires, les militants, les débrouillards - sont exclus du pouvoir. Arendt : on vous supprime l'espace même pour exercer vos droits. Et Weber nous rappelle : l'État doit avoir le monopole de la violence légitime. Oui. Mais un État qui agit comme un gang, qui élimine ses concurrents par la procédure au lieu des armes, n'est plus un État. C'est le plus gros des proxys.
LE PLAN EST LIMPIDE : On crée un article 153 impossible, qui exige BRH, DGI, casier, certificats impossibles à obtenir en 15 jours. Quand la preuve devient impossible, celui qui contrôle la preuve contrôle l'élection. On s'assure que celui qui contrôle la preuve, c'est le CEP recomposé, aux ordres. Résultat : « Ce ne sont pas ceux qui votent qui comptent, mais ceux qui comptent les votes et surtout ceux qui décident qui a le droit de se présenter ». C'est la définition même de la fraude pré-électorale. La Commission de Venise le dit : on ne change pas les règles du jeu à la veille du match. La Cour Interaméricaine le dit : Yatama, Lopez Mendoza, Petro Urrego - toute restriction aux droits politiques doit être légale, nécessaire, proportionnée, jugée par un tribunal. Pas par une détention. Pas par une fiche BRH. Pas par une note administrative. Haïti est face à deux gangs : celui qui contrôle le territoire avec des armes, et celui qui veut contrôler le peuple avec des articles. NON à l'article 153. NON au décret électoral du 2 juillet 2026 qui le porte. Il est entaché d'illégalité manifeste et d'inconstitutionnalité radicale.
ALORS QUE FAIRE ? Il faut dire NON. 77 fois NON. Non juridique, non politique, non populaire. NON à l'article 153. NON au décret électoral du 2 juillet 2026 qui le porte. Il est entaché d'illégalité manifeste et d'inconstitutionnalité radicale. Le gouvernement de facto doit immédiatement RAYER (pour le papier), EFFACER (pour la mémoire) et RETIRER (pour le droit, avec effet immédiat et rétroactif) ce décret infâme en faisant son RETRAIT pour cause d'illégalité manifeste et d'inconstitutionnalité radicale. NON à toute tentative de modifier la Constitution en pleine période électorale pour verrouiller le jeu. OUI à une action en inconstitutionnalité massive devant toutes les juridictions. OUI à une mobilisation de la société civile, des avocats, des universités, des partis, pour refuser de participer à une sélection déguisée en élection. Le peuple haïtien ne doit pas seulement avoir le droit de voter. Il doit garder le droit de CHOISIR. Libre. Les armes confisquent le territoire. L'article 153 confisque le choix. L'irruption volcanique du PM Fils-Aimé donne le coup de grâce. « Ce qui reste de la démocratie haïtienne est en voie d’être ramassée à la pelle - dirait l’autre ». C'est le passage de la République des proxys à la République confisquée. Quand la violence des uns et la procédure des autres produisent le même résultat : un peuple sans terre et sans choix. Guillaume d'Orange : « Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » Churchill : « Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal : c'est le courage et la volonté de continuer qui comptent. »Le peuple décidera. Pas les proxys. Pas leurs alliés. Pas leurs décrets. Haïti doit choisir. Et Haïti choisira librement.
