Vendredi soir, à Jacmel, les lumières du cinéma se sont rallumées comme un signe d’espoir. Entre projections, discussions et rencontres artistiques, le lancement officiel du Festival du Film de l’Amitié a transformé l’espace du festival en un véritable carrefour culturel où se mêlaient passion du cinéma, chaleur humaine et diversité des regards.
Très tôt, réalisateurs, étudiants, artistes, amoureux du septième art et simples curieux ont investi les lieux dans une ambiance à la fois détendue et enthousiaste. Sous les projecteurs, les conversations se croisaient déjà autour du cinéma haïtien, de la création indépendante et de l’importance de maintenir des espaces culturels vivants dans le contexte actuel du pays.
Pour ouvrir cette première édition, les organisateurs avaient choisi une causerie autour du cinéma et de l’amitié entre les peuples. Les invités d’honneur Frantzcia Deshommes et Wood-Jerry Gabriel ont partagé leurs réflexions avec un public particulièrement attentif.
Au fil des échanges, plusieurs thèmes ont été abordés : la place du cinéma dans la société, les difficultés rencontrées par les jeunes créateurs, la circulation des œuvres haïtiennes à l’international et le rôle des festivals comme espaces de transmission culturelle.
« Le cinéma reste un outil capable de rapprocher les peuples malgré les frontières et les crises », a confié l’un des intervenants au cours des discussions, sous les applaudissements du public.
La présence du cinéaste et producteur Donald Charles, ancien de l’Artists Institute, a également marqué cette soirée inaugurale. Son intervention, nourrie par son expérience dans le domaine audiovisuel, a donné une dimension à la fois pédagogique et inspirante à la rencontre.
Puis les lumières se sont tamisées pour laisser place aux projections. Dans une salle plongée dans le silence et la concentration, les premières images projetées ont rapidement captivé les spectateurs. À chaque fin de film, les applaudissements retentissaient avant de laisser place aux échanges avec les réalisateurs invités.
L’un des aspects les plus appréciés de cette soirée d’ouverture demeure cette proximité entre les créateurs et le public. Plusieurs réalisateurs ont défilé sur scène afin de présenter leurs œuvres, raconter leurs démarches artistiques et répondre directement aux questions des spectateurs. Dans les couloirs comme à la sortie des projections, les discussions continuaient encore autour des films, des techniques de réalisation et des réalités culturelles de chaque pays représenté.
Pour cette première édition, le Festival du Film de l’Amitié accueille des films provenant de huit pays : Haïti, Maroc, Canada, Belgique, Bénin, Niger, Cuba et les États-Unis. Une diversité qui donne au festival une dimension internationale et confirme la volonté des organisateurs de faire du cinéma un pont entre les cultures.
Prévu jusqu’au 18 mai, le festival entend offrir plusieurs journées de projections, de rencontres et de découvertes artistiques. Pour beaucoup de participants, cette première soirée laisse déjà l’impression d’un rendez-vous culturel appelé à grandir au fil des années.
À travers ce lancement, Jacmel rappelle une nouvelle fois pourquoi elle demeure l’une des grandes capitales culturelles d’Haïti. Le temps d’un festival, la ville devient un écran ouvert sur le monde, où les histoires, les émotions et les voix du cinéma se rencontrent dans un même élan de partage et de fraternité.
