À la Bibliothèque Michèle Tardieu, dans les hauteurs de Pétion-Ville le 17 mai 2026, les mots ont une nouvelle fois prouvé qu’ils pouvaient devenir des armes contre l’oubli, des passerelles contre le silence et des phares contre l’effacement culturel. Dans une atmosphère chargée d’émotion, de ferveur intellectuelle et de passion littéraire, la demi-finale de la première édition du concours de lecture « Li pou Lib », baptisée au nom de Dangelo Néard, a réuni jeunes lecteurs, amoureux des lettres et acteurs culturels autour d’un même idéal : faire de la lecture un acte de liberté.
Portée par la structure Marché des Livres,, sous la coordination et la fondation de OCCELUS Johnny, cette activité culturelle s’est imposée comme un véritable plaidoyer en faveur de la jeunesse et du savoir dans un contexte national où la culture lutte chaque jour pour préserver sa place au cœur de la société.
Cinq demi-finalistes, non tenants du titre mais déjà porteurs d’une éloquence remarquable, ont captivé le public par leur aisance, leur profondeur interprétative et leur engagement intellectuel : Viaudmendy Francique, Resil Narlie Sarah, Orvilus Sayourie, Rosier Sherly et Engie Lausaula . Chacun, chacune, à travers sa voix et sa présence, a rappelé que lire n’est pas seulement déchiffrer des phrases, mais habiter le monde autrement.
Le jury, composé de Béa Legros et de Manel Beauplan, a eu la lourde tâche d’évaluer des prestations où se mêlaient maîtrise linguistique, sensibilité artistique et puissance expressive. Leur regard attentif et leur rigueur ont contribué à donner à cette demi-finale une dimension aussi pédagogique que exigeante.
Au-delà de la compétition, cette édition de « Li pou Lib » aura surtout été une célébration de la lecture comme espace d’émancipation collective. Dans chaque texte lu, dans chaque souffle suspendu, dans chaque applaudissement, résonnait la conviction profonde qu' « un peuple qui lit demeure un peuple capable de rêver, de penser et de résister », nous rappelle sans cesse Endara.
Le public, les partenaires, les membres de l’organisation ainsi que toutes les personnes ayant contribué à la réussite de cette activité ont unanimement salué une initiative appelée à marquer durablement le paysage culturel haïtien. Déjà, les regards se tournent vers la grande finale le 31 mai prochain, annoncée comme un rendez-vous d’exception où les mots, encore une fois, tenteront de repousser les frontières du possible.
Vive la lecture. Vive la culture. Vive Haïti.
Mitchel kewing ETIENNE
