La grande constante de la politique dans notre pays est certainement ce mépris des classes dirigeantes à l’endroit de la population en général et des couches pauvres en particulier. Ce mépris révèle chez les politicards tout autant un déficit d’humanité qu’une haine de l’autre. Aucune décision avec la prise en compte - même minime- des intérêts, des besoins de la population ! Les exemples sont nombreux. Que ce soit par rapport à la crise planifiée, des produits pétroliers ou à l’augmentation presque démentielle des produits de première nécessité qui menace de famine une grande partie de notre peuple, aucune mesure, même cosmétique, n’est prise par nos dits dirigeants pour essayer de limiter les dégâts et de corriger la situation en vue des intérêts de la collectivité.
On comprend que nous sommes dans un cercle vicieux : si les équipes dirigeantes changent, les comportements condescendants de nos politiques restent identiques. On ne devrait pourtant pas s’étonner quand ceux qui disent combattre pour le peuple et aux côtés du peuple ne manifestent aucune empathie envers la population. Quel leader politique, quelle formation politique a pris des positions constantes et claires montrant qu’ils sont préoccupés par la dégradation des conditions de vie de la population, qu’ils partagent leurs angoisses, leurs craintes et leurs souffrances ? A-t-on jamais entendu un cri d’alarme d’un homme, dit politique, de l’opposition ou d’une équipe gouvernementale face à l’inflation galopante, à l’appauvrissement des classes, même celles dites moyennes, à la terreur quotidienne que subissent les habitants de l’aire métropolitaine, à ce désir effréné et compréhensible de nos jeunes de pousser leurs barques vers l’étranger ? C’est le silence complet, l’indifférence totale pour notre quotidien parce qu’eux, souvent, ils se satisfont d’un semblant de paradis bâti avec des millions de gourdes siphonnées dans le Trésor public.
Il fut un temps, c’est encore le temps, où l’on accusait une classe sociale de tous nos maux. C’est vrai que nous avons souffert depuis la fondation de notre nation, de sa prise en charge par une classe aussi raciste que le colon blanc, avec de surcroît des névroses l’empêchant de créer une vraie construction étatique.
Aujourd’hui, on parle d’oligarques, d’hommes venus d’autres territoires et qui ne seraient pas Haïtiens. Des discours parfois délirants qui mélangent le vrai et le faux, mais qui aboutissent aussi à une recrudescence de la fuite de capitaux et des savoir-faire vers la République dominicaine. Mais il y a aussi le fait que toute notre administration, toutes les allées de pouvoir de notre pays sont tenues par des petits hommes gris, sans compétence, sans humanité, cultivant la haine et le mépris de l’autre et qui sont les soldats d’une glauque médiocrité et d’une violence aveugle, aux ordres des maîtres du monde.
La Rédaction
