Les familles haïtiennes sont de plus en plus économiquement aux abois. Le cout de la vie augmente continuellement et les mères et les pères de famille doivent déployer de l’ingéniosité pour survivre dans une situation où l’insécurité rend la vie encore plus difficile, plus dangereuse. Exister chez nous relève presque de l’exploit sauf pour la nomenklatura haïtienne qui se fout totalement de la situation des citoyens. On continue à vivre comme si de rien n’était, dans un espace qui se réduit, dans une sorte de vase clos où l’on continue à profiter de ses privilèges.
Le pays continue à être détruit. Les routes entre de nombreuses villes sont devenues des pistes parsemées d’ornières, de crevasses. La route entre Jacmel et Marigot est un exemple frappant. Le gouvernement avait dépensé des millions pour recevoir le président colombien et faire des tours de passe-passe cosmétiques qui n’ont servi finalement qu’à la bourse de certains proches du pouvoir. C’est ainsi chez nous. On est à l’affut de n’importe quel prétexte afin de dépenser des millions pour du vent. Du vent, bien sûr pour la communauté. Mais du solide, du vert pour ceux qui sont aux commandes de cette comédie qui n’en finit pas.
Comment peut-on gouverner sans avoir le moindre souci pour les familles, pour les jeunes, pour les citoyens. Même les dictateurs font souvent semblant de se préoccuper de la nation. Ils se méfient ainsi même d’une augmentation des prix de première nécessité, car ils ne veulent pas la moindre grogne au sein de la population, grogne pouvant être utilisée par les ennemis du pouvoir.
Aujourd’hui on a toutes les peines du monde à identifier un début de politique gouvernementale destiné à apporter le moindre soulagement à la population. Le plus dangereux avec des nuls et des comédiens au pouvoir, ce sont ces dizaines de milliers de jeunes, sans travail, sans perspectives, qui ont des besoins et des rêves bien légitimes. La religion a de plus en plus du mal à endormir cette masse humaine selon l’assertion qu’elle est l’opium du peuple. Ces milliers de jeunes désœuvrés, frustrés certainement, sont des bombes qui ont commencé à exploser avec le phénomène des gangs.
Avec cette absence totale de gouvernance, surtout dans le domaine de la sécurité, on a du mal à penser que des élections sont possibles. Va-t-on rester en transition permanente pour le bonheur des bons à rien ?
C’est la question que tout citoyen a le droit de se poser.
Gary Victor
