La participation remarquée d’Haïti à la Coupe de football a créé un effet énergisant dans la diaspora comme au pays. Voir, à trois occasions, l’hymne national chanté fièrement devant des centaines de millions de spectateurs, et le bicolore se déployer sur une moitié de terrain, a fait battre très fort le cœur des Haïtiens partout dans le monde.
En plus, malgré les défaites, la presse sportive mondiale reconnaît que l’équipe nationale est loin d’avoir démérité. Au contraire, elle a damé le pion à de puissantes formations de la planète football.
Dans un autre registre, Haïti a été au centre de l’Assemblée générale de l’OEA, au cours de laquelle a été adoptée une résolution en faveur de la stabilisation de notre pays. À la clé : un vaste projet d’appui aux institutions chargées de l’ordre public, dont la construction de cinq bases opérationnelles dans le département de l’Ouest. Portée par l’Union européenne et l’OEA, cette initiative vise aussi à soutenir la Force de répression des gangs, avec pour objectif premier de contribuer à la protection de la population.
Ce lundi 29 juin, un grand forum économique axé sur l’investissement, organisé par l’Union européenne, est censé sortir du schéma de l’humanitaire lorsqu’il s’agit de coopération avec Haïti.
Mais ces « bonnes nouvelles » ont été assombries par la triste décision de la Cour suprême américaine de mettre fin à toute protection légale pour les Haïtiens bénéficiant de la résidence temporaire.
Toutes ces questions nous ramènent à une seule problématique : celle de la gouvernance de notre pays, qui doit cesser d’être un repoussoir pour ses propres citoyens. Les élites économiques et politiques se doivent de briser le cercle vicieux du chaos et de la permanence de l’échec, qui font le lit de l’instabilité structurelle.
Car au fond, le plus grand match d’Haïti ne se joue pas seulement sur un terrain de football, mais sur celui de sa propre reconstruction.
Roody Edmé
