Dans la somptueuse Galerie des Glaces du château de Versailles, le président américain Donald Trump a signé un accord-cadre censé mettre fin à la guerre contre l’Iran, lancée le 28 février dernier avec l’appui d’Israël, ennemi de longue date de Téhéran.
Un accord qu’il avait hâte de signer pour clore un conflit devenu impopulaire, jusque dans sa propre base républicaine. Le président avait cru, après son succès militaire éclair au Venezuela, que la puissance technologique américaine ferait plier le régime des mollahs en un rien de temps. Mais la géographie, elle aussi, fait la guerre.
L’Iran avait enfoui son uranium enrichi à des profondeurs que les plus puissantes bombes américaines n’ont pas pu atteindre. Le pays partage en outre, avec le sultanat d’Oman, le contrôle des rives du détroit d’Ormuz, par où transite une part considérable du pétrole mondial.
Le régime des mollahs, bien que décapité, a su se recomposer avec une rapidité révélant une longue préparation à ce scénario.
Résultat des courses : loin de l’abattre, la guerre a renforcé un régime désormais plus radicalisé encore. Le nouvel accord n’est, pour l’heure, qu’un cadre de travail. Il reste soixante jours de négociations à hauts risques, durant lesquels le monde retiendra son souffle.
La guerre est donc loin d’être terminée. Ce second « traité de Versailles » contient-il déjà les germes d’une nouvelle confrontation entre les États-Unis et l’Iran ? La logique la plus élémentaire incline à le croire, d’autant que l’allié israélien, meilleur ami des États-Unis, estime que le président Trump, en signant cet accord, lui a fait un enfant dans le dos.
Quoi qu’il en soit, ceux qui n’ont pas pris part aux hostilités mais qui en subissent malgré tout les conséquences ne demandent qu’une chose : que cette sanglante tragédie connaisse enfin un dénouement pacifique.
Car une paix arrachée par la fatigue des armes n’est pas encore la paix. Si elle ne soigne ni l’humiliation, ni la peur, ni le désir de vengeance, elle n’est qu’un armistice vêtu d’or : une guerre mise en sommeil sous les lustres de Versailles.
Roody Edmé
