Les États-Unis et l’Iran ont repris les hostilités avec une rare violence. Les nuits de Téhéran sont illuminées par les explosions de munitions au phosphore et les éclairs des missiles balistiques. Alors que le président des États-Unis semble s’être pris les pieds dans un tapis persan, les hommes au pouvoir à Téhéran se mettent à dos plusieurs pays de la région en portant la guerre sur tout territoire abritant la moindre base américaine.
Perplexe, le monde entier observe cette aventure guerrière au cœur de la poudrière du Moyen-Orient, où la moindre étincelle peut embraser toute la région, et bien au-delà.
Tout se passe comme si la trêve des derniers jours n’avait servi qu’à permettre aux protagonistes de reconstituer leurs stocks de munitions. La presse américaine fait régulièrement état des pressions exercées sur les grands fabricants d’armes afin qu’ils accélèrent leur production à une échelle jamais atteinte depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous parlons, bien entendu, de capacités militaires sans commune mesure avec celles de cette époque. Aujourd’hui, les États-Unis, la Russie et la Chine sont capables de produire certains composants et moteurs de missiles grâce à l’impression 3D, augmentant ainsi la cadence de fabrication de ces engins de mort.
Le détroit d’Ormuz se retrouve à nouveau fermé, verrouillé comme une porte dont on aurait ensuite jeté la clé, tant l’horizon paraît sombre pour une éventuelle reprise des négociations. Cette situation inquiétante ne peut qu’aggraver les malheurs du monde : inflation, famines, déplacements de populations et risque toujours plus grand d’une déflagration généralisée. Quand on songe à la situation déjà menaçante en Ukraine, comment ne pas penser à l’hubris, chaque jour plus meurtrière, de ces « malades qui nous gouvernent » ?
Pourtant, rien n’est écrit d’avance. Un sursaut d’humanité reste possible si les peuples refusent la fatalité et rappellent aux puissants que la sécurité des grands ne peut se construire sur l’écrasement des petits, même si, hélas, la déraison continue de l’emporter sur la sagesse.
Roody Edmé
