Au plus haut niveau de l’État, on annonce la tenue de prochaines élections. Déjà on constate une recrudescence de l’activité des gangs. Plusieurs localités seraient sous menace.
On peut comprendre facilement que ces années de transition ont permis à des intérêts énormes, des intérêts mafieux, de s’incruster surtout dans l’appareil d’État. Une économie criminelle fleurit et rapporte des millions de dollars chaque mois à ceux qui contrôlent le système. Dans le même temps, les gangs ont leur propre économie. Les deux secteurs délinquants se côtoient, discutent, s’entendent, fusionnent parfois. On peut déduire facilement que personne n’a intérêt à ce que des élections permettent qu'une nouvelle administration, légitime celle-ci, vienne prendre les rênes du pouvoir. Une administration qui ne permettrait pas la reconduction de tous les circuits de cette transition voulue par cette nuée de politiciens ignares et affairistes.
Peyi a pran nan twa wa comme on a l’habitude de le dire dans notre langage bien à nous ! La seule élection possible ne peut être qu’une comédie permettant la poursuite de la transition sous une autre forme.
Nous serions à la fois prisonniers de ceux qui profitent de la transition et des gangs.
Nous écrivions dans l’un de nos éditoriaux que notre pays risquait une situation pouvant conduire à des massacres sur une grande échelle. Le risque est grand quand nous avons des incapables à la direction de la nation alors qu’il faudrait de vrais hommes d’État aux commandes pour prendre les mesures qui s’imposent, même si ces mesures étaient impopulaires.
Pour l’instant on danse sur le Titanic. On jouit du pouvoir comme si de rien n’était. On joue à une opposition stupide et stérile. On se contente de déclarations d’intention alors qu’il faut des actions immédiates.
Notre plus grand drame, c’est que nos dirigeants reçoivent des ordres d’un pays dont le gouvernement prouve chaque jour son mépris et sa haine de la nation haïtienne. Nos voisins dominicains de leur côté pensent jusqu’à présent que le chaos haïtien fait leurs affaires et ils l’entretiennent.
Les familles haïtiennes sont à la merci des voyous, en sapat ou en cravate.
À quand les prochaines tueries après Kenscoff ?
Gary Victor
