Les activités migratoires entre la République dominicaine et Haïti continuent d'être mouvementées. Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) dit avoir recensé dans son dernier rapport environ 22 800 migrants haïtiens déportés au cours du mois de juin 2025. Parmi eux figurent 334 nourrices, 98 femmes enceintes et 933 mineurs non accompagnés.
Le flux migratoire entre les deux pays partageant l'île est de plus en plus agité au fil de ces derniers mois. L'administration de Luis Abinader durcit davantage le ton depuis l'adoption d'une quinzaine de mesures contre les ressortissants haïtiens en situation irrégulière. Suite à cette décision, la police, l'armée et les agents de l'immigration sont mobilisés pour traquer les migrants, et ce, en procédant à des intrusions nocturnes.
Ces tactiques ont fait grimper le nombre de déportations. Durant le mois de juin, 22 878 migrants haïtiens ont été pris de force par les autorités dominicaines pour être conduits vers les points frontaliers officiels et non officiels, 20 968 autres ont volontairement décidé de regagner leur terre d'origine et 8 841 ont été refoulés. Parmi ces personnes figurent 334 nourrices, 98 femmes enceintes, 36 femmes ayant subi une intervention chirurgicale, 933 mineurs non accompagnés et 133 personnes vivant avec un handicap physique et mental.
Le porte-parole et responsable du plaidoyer du GARR, Sam Guillaume, précise que le mois de juin a également été marqué par des cas de déportations issus des pays et territoires des Antilles de la Caraïbe. Les données révèlent que les autorités bahaméennes ont rapatrié 16 migrants haïtiens, les autorités américaines 80, et les îles Turques-et-Caïques 267.
Le GARR dit avoir apporté un soutien accru en termes de nourriture, d'appui psychosocial, entre autres, à 1 321 concitoyens et concitoyennes, dont 474 femmes, 473 hommes, 190 fillettes et 184 garçonnets. La structure se dit dépassée par la situation et appelle à la rescousse les responsables concernés pour venir en aide à ces nécessiteux.
Par ailleurs, Sam Guillaume a dénoncé les conditions infrahumaines dans lesquelles s'effectuent ces déportations. Le défenseur des droits humains estime que ces violations contreviennent non seulement aux lois et conventions internationales, mais portent également atteinte à la dignité humaine.
« Les autorités compétentes ne peuvent plus rester silencieuses ; elles doivent agir avec responsabilité face à ces transgressions des droits de nos compatriotes et condamner sans équivoque les pratiques inhumaines perpétrées par les autorités dominicaines à l'encontre des citoyens haïtiens.» Il croit qu'il est crucial d'entreprendre des démarches diplomatiques et humanitaires pour mettre un terme aux rapatriements forcés et ainsi garantir le respect des droits fondamentaux des migrants.
Par ailleurs, il met en garde contre les cas de rapatriement des migrants en provenance des États-Unis d'Amérique, rappelant le rôle de la diaspora dans l'économie nationale, notamment le soutien apporté à certaines familles en proie à l'insécurité alimentaire. Cette situation pourrait aggraver davantage la crise humanitaire, dit-il. Il appelle les autorités à rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays en vue de favoriser un climat propice à un retour à la vie.
Sheelove Semexant
