Depuis la fin du cycle électoral prolongé de 2015 à 2017, qui avait conduit à l’élection du président Jovenel Moïse, aucune nouvelle consultation électorale n’a été organisée en Haïti. Après l’assassinat du chef de l’État en juillet 2021, le pays continue d’être dirigé par des autorités de transition, dans l’attente d’un retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections.
Alors que les jours passent, les interrogations persistent autour de la capacité du gouvernement à organiser des scrutins crédibles dans une situation minée par l’insécurité et l’instabilité politique.
Par ailleurs, certains jugent que le Pacte national comme accord ne répond pas aux priorités urgentes du pays, notamment le rétablissement de la sécurité, l’organisation d’élections crédibles et la restauration de la gouvernance démocratique.
Malgré les différentes démarches entreprises par le CEP, aucune date officielle de scrutin n’a encore été annoncée. Plusieurs rencontres institutionnelles et conférences de presse ont toutefois été organisées ces dernières semaines afin de préparer le terrain.
Le mercredi 20 mai 2026, une séance de travail s’est tenue entre les membres du Conseil électoral provisoire et le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Demero. Les discussions ont porté sur l’utilisation des infrastructures scolaires publiques, notamment les écoles nationales et les lycées, dans le cadre des futures opérations d’inscription des électeurs.
Selon le CEP, plusieurs établissements scolaires devraient être mobilisés afin d’accueillir les centres d’inscription et, éventuellement, les bureaux de vote lors des prochaines élections générales. Les deux institutions envisagent également la signature d’un protocole d’engagement visant à encadrer leur collaboration durant le processus électoral.
Par ailleurs, le Conseil électoral provisoire poursuit également des échanges autour de la question sécuritaire, considérée comme l’un des principaux défis à la réalisation des élections.
Dans cette perspective, une réunion de travail a eu lieu le lundi 4 mai 2026 entre des représentants du CEP, dont le directeur exécutif Uder Antoine, et le responsable politique de la Force de répression des gangs (FRG), Lavoi Beppe.
Selon le CEP, cette rencontre visait à mieux comprendre la mission de la FRG ainsi que son éventuel rôle dans la création d’un environnement sécuritaire favorable à la tenue des scrutins.
À travers ces différentes initiatives, le Conseil électoral provisoire affirme vouloir conduire un processus électoral « inclusif, impartial, indépendant et transparent ». Toutefois, en l’absence d’un calendrier clair, d’un budget connu et d’améliorations concrètes de la situation sécuritaire, de nombreuses incertitudes demeurent quant à la faisabilité des élections annoncées.
Vladimir Predvil
