Le 7 août prochain, le Conseil présidentiel de transition (CPT) doit passer sous la présidence de Laurent Saint-Cyr, conformément à l’accord conclu entre les acteurs politiques. Mais à l’approche de cette date, l’ambiance reste électrique. Le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé s’efforce de rapprocher les différentes composantes du CPT afin d’éviter une aggravation de la crise politique.
Depuis plusieurs semaines, le conseil est secoué par de fortes tensions. Les divergences entre ses membres sont nombreuses : certains refusent que la présidence soit confiée à Saint-Cyr, tandis que d’autres soupçonnent le Premier ministre de partialité et de vouloir favoriser ses proches. Cette situation laisse craindre un blocage, voire l’éclatement du CPT avant la date de la passation.
Issu du secteur privé, Laurent Saint-Cyr est un homme discret et peu connu du grand public. S’il inspire une certaine confiance aux milieux économiques, beaucoup doutent de sa capacité à diriger . Le mouvement Renmen Ayiti l’appelle déjà à prendre acte de l’échec du CPT jusqu’ici et à engager des discussions sérieuses avec tous les secteurs pour parvenir à un véritable accord politique.
Depuis des mois, les gangs contrôlent de vastes zones de Port-au-Prince et les autorités échouent à rétablir l’ordre. Malgré plusieurs réunions entre le CPT, la police et l’armée pour trouver des solutions, la situation sur le terrain reste quasiment inchangée. La population continue de vivre dans la peur et l’abandon.
Face à cette impasse, plusieurs propositions émergent. Le Comité d’Initiative pour la Transition (CIT) suggère un nouveau format de gouvernance, un président et un Premier ministre partageant le pouvoir, chargés de rétablir la sécurité en 40 jours et d’organiser des élections dans les mois suivants. D’autres estiment qu’un conseil collégial serait préférable pour limiter les conflits et mieux répartir les responsabilités.
Dans tous les cas, le temps presse. Le Premier ministre et les membres du CPT doivent s’entendre avant le 7 août pour éviter une nouvelle crise au sommet de l’État. L’avenir de la transition dépendra surtout de la capacité de Laurent Saint-Cyr à rassurer, rassembler et trouver des solutions concrètes, en particulier sur le plan sécuritaire.
Sorah Schamma Joseph
