La Police nationale d’Haïti poursuit série d’opérations de grande envergure visant à reprendre le contrôle de plusieurs zones sensibles de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Des interventions sont actuellement menées à Bel-Air, La Saline, Delmas 2, Delmas 4 et Delmas 6, considérées comme des bastions de groupes armés.
En effet, ce jeudi 8 janvier 2026, une opération ciblée a été conduite à Delmas 2, zone identifiée comme le repaire du chef de gang dénommé Krache Dife, connu sous le nom de Jean Gardy. Au cours de cette intervention, les forces de l’ordre ont saisi un important lot de matériels tactiques et policiers, représentant une menace sérieuse pour la sécurité publique. Les équipements confisqués comprenaient cinq radios de communication, deux bonbonnes de gaz lacrymogène, quatre gilets pare-balles, quatre gilets tactiques, quatre chargeurs pour fusil M14, deux plaques balistiques, quatre uniformes de différentes unités de la police (CIMO, CAT, UDMO, USGPN), deux fusils d’assaut M4, deux fusils calibre 12, un seau de munitions de calibre 5.56 mm et un gilet portant l’inscription « Presse ». La PNH précise que cette opération s’inscrit dans sa stratégie d’intensification de la lutte contre les gangs armés, afin de réduire leur capacité de nuisance et de restaurer l’ordre public.
Parallèlement, des opérations conjointes impliquant des unités spécialisées et la Task Force ont été menées à Bel-Air et à Delmas 4. Selon la Direction de la communication de la Police (DICOP), ces interventions ont permis de neutraliser plusieurs individus armés, morts ou blessés, et de libérer une famille retenue en otage par des groupes criminels. À Bel-Air, les forces de l’ordre ont saisi un fusil de type M16, un chargeur, un gilet pare-balles, trois lunettes de vision, un casque balistique ainsi que d’autres équipements tactiques, découverts dans une maison située à proximité du domicile d’un chef de gang connu sous le nom de Jamesley.
L’intensification des opérations policières suscite toutefois de vives inquiétudes sur le plan humanitaire. Dans un communiqué publié ce jeudi, Médecins Sans Frontières (MSF) a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade de la violence à Bel-Air, qui met gravement en danger les civils et compromet l’accès aux soins de santé. Selon l’organisation, un bâtiment scolaire servant de site médical a été pris dans des échanges de tirs particulièrement violents le mardi 6 janvier, piégeant sept volontaires communautaires pendant plusieurs heures.
Un ancien volontaire, grièvement blessé, est malheureusement décédé devant la clinique après l’évacuation du personnel, faute de pouvoir recevoir des soins immédiats. En raison de cette situation, MSF a annoncé la suspension temporaire de toutes ses activités dans le quartier, appelant toutes les parties à respecter les structures médicales, le personnel soignant et les civils.
En ce qui concerne, la PNH réaffirme sa détermination à poursuivre ses opérations de sécurité pour démanteler les réseaux criminels, protéger la population et rétablir progressivement l’ordre dans les zones sous tension. Les autorités appellent la population à la prudence, alors que plusieurs interventions restent en cours.
Vladimir Predvil
