Médecins Sans Frontières (MSF) appelle, dans un communiqué publié ce jeudi 8 janvier 2026, à la protection des civils et des installations médicales, lors des affrontements entre les bandes armées à Bel-Air et les agents de la Police nationale.
La Police nationale d'Haïti, en collaboration avec la Task force, mène depuis mardi une attaque musclée dans les localités de Bel-Air et de Delmas 4. À ce jour, des dizaines de bandits ont été mortellement blessés, des armes, des munitions et des véhicules ont été récupérés au cours de cette opération. Cependant, des organisations de défense des droits humains et non gouvernementales appellent à la sécurisation des membres de la population.
Médecins Sans Frontières (MSF) se dit profondément préoccupée par l'intensification de ces récents affrontements entre la Police nationale d'Haïti (PNH) et les groupes armés dans le quartier de Bel-Air, rappelant que la violence croissante met gravement en danger les milliers de civils vivant dans ce quartier et compromet de façon alarmante leur accès aux soins de santé.
« Dans cette zone de la capitale, où aucun autre service médical n'est disponible, les équipes de MSF assurent habituellement une clinique un jour par semaine, alors que des agents de santé communautaires volontaires y sont présents chaque jour pour offrir des soins de base et orienter les patients », lit-on dans le communiqué.
MSF informe que mardi 6 janvier, le bâtiment scolaire servant aux activités médicales de l'institution s'est transformé en champ de bataille lors d'affrontements particulièrement violents entre les membres d'un groupe armé et la Police nationale d'Haïti (PNH). Sept volontaires communautaires y ont été pris au piège pendant plusieurs heures avant de réussir à s'échapper.
Ces événements ont coûté la vie à un ancien volontaire communautaire avec lequel l'organisation avait collaboré en 2025. Ce dernier, grièvement blessé, s'est présenté à la clinique quelques minutes après l'évacuation du personnel volontaire. Faute de pouvoir y recevoir les premiers soins, il a malheureusement succombé à ses blessures devant le portail du bâtiment. Une situation qui n'est pas un cas isolé.
Les responsables de MSF appellent toutes les parties à respecter les structures médicales, le personnel soignant, les patients et les civils, soulignant que les interventions médicales que la structure organise à Bel-Air et à Bas-Delmas permettent d'offrir des soins essentiels à plusieurs milliers de patients chaque mois, qui, sans ces cliniques, seraient totalement privés d'accès à la santé. « Aujourd'hui, en raison de ce nouvel épisode de violence, nous sommes contraints de suspendre toutes nos activités à Bel-Air jusqu'à nouvel ordre », a conclu le document.
Sheelove Semexant
